Centrafrique: Bozizé prépare avec le médiateur de cruciales négociations

7 janvier 2013 à 15h51 par La rédaction

LIBREVILLE (AFP) - (AFP)

Le président centrafricain François Bozizé, confronté à une rébellion qui tient la majeure partie du pays et réclame son départ, s'est rendu lundi à Brazzaville pour préparer avec son homologue Sassou Nguesso, médiateur, de cruciales négociations de paix prévues à Libreville.

Le président congolais, venu accueillir François Bozizé à l'aéroport, "va échanger avec son homologue sur la crise qui déchire son pays", a indiqué à l'AFP une source à la présidence congolaise.

Denis Sassou Nguesso doit assurer une médiation à Libreville entre le gouvernement centrafricain et la coalition rebelle du Séléka qui a pris les armes le 10 décembre et contrôle une grande partie du pays après avoir balayé l'armée régulière.

Le début du dialogue de sortie de crise était initialement prévu mardi.Mais le porte-parole de la coalition Séléka, Eric Massi, tout en se déclarant prêt à y participer, a souhaité dimanche un report pour mieux se préparer.Il a continué d'exiger le départ du président Bozizé, au pouvoir depuis 2003.

Les rebelles du Séléka, en position de force sur le terrain, ont pris deux nouvelles villes samedi et se trouvent, selon le gouvernement, à 12 km de Damara, dernier verrou situé à 75 km au nord de Bangui et où est stationnée la force d'interposition d'Afrique centrale (Fomac) qui n'entend pas les laisser passer.

"Nous devons oeuvrer inlassablement à la consolidation de la paix en République Centrafricaine, en amenant le gouvernement et la rébellion armée au dialogue", avait déclaré plus tôt lundi Denis Sassou Nguesso, au cours d'une cérémonie de voeux à une centaine de diplomates accrédités au Congo.

"C'est ici l'occasion d'inviter la communauté internationale à soutenir les efforts de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) en vue de restaurer la stabilité nécessaire au développement de ce pays frère", a ajouté le dirigeant congolais, dont le pays est membre de la CEEAC.

Les premières délégations gouvernementale et de l'opposition, venues de Bangui, sont attendues lundi à Libreville.

"Nous partons sereins (...) à une grande rencontre entre Centrafricains pour nous pencher sur les problèmes de notre pays et rechercher des solutions pour la paix et le développement", a déclaré à Bangui à l'AFP le chef de délégation du gouvernement et ministre de l'Enseignement supérieur, Jean Willybero Sako.

Le chef de délégation de l'opposition politique, l'avocat Tiangaye Nicolas, a affirmé quant à lui: "Nous partons avec beaucoup d'optimisme, avec la conviction que lors de cette rencontre des décisions importantes seront prises pour que la paix revienne définitivement dans le pays".

Bozizé veut plonger le pays dans le chaos, accuse la rébellion

Mais, signe de la difficulté des pourparlers à venir, la rébellion a poursuivi lundi ses attaques contre Bozizé, l'accusant de vouloir "plonger le pays dans le chaos avant son départ imminent".

La Convention patriotique pour le salut du Kodro (CPSK), une des composantes de la rébellion, a dénoncé "une violation de l'intégrité territoriale de la Centrafrique" au sujet de la présence de soldats sud-africains aux côtés de Bozizé, et a accusé l'Afrique du Sud de "voler au secours des ennemis du peuple", dans un communiqué transmis à l'AFP.

Le porte-parole du Séléka, Eric Massi, ne relâchant pas la pression, avait déjà, dans un entretien vendredi avec l'AFP, accusé François Bozizé de chercher à "renforcer ses positions à Bangui avec le soutien d'armements et mercenaires sud-africains".

Dimanche, une source militaire à Bangui avait confirmé à l'AFP l'arrivée en milieu de semaine d'au moins 200 soldats sud-africains à Bangui, avec "pour mission de sécuriser la capitale centrafricaine".

Au total, 400 soldats sud-africains doivent être déployés en RCA, a indiqué la présidence sud-africaine, invoquant "une obligation internationale de l'Afrique du Sud envers la Centrafrique".