Centrafrique: combats au quartier PK5 de Bangui, au moins 2 morts

Par AFP

AFRICA RADIO

Au moins deux personnes ont été tuées et six blessées dans des combats mercredi à Bangui entre deux milices aux abords du PK5, quartier abritant la majorité des musulmans de la capitale centrafricaine, selon des sources concordantes.

"Deux personnes" ont été tuées, a indiqué à l'AFP un employé de l'hôpital communautaire de Bangui, qui a réceptionné les corps.Deux personnes poignardées ont été prises en charge à l'hôpital Sica 1, géré par l'ONG Médecins sans frontières (MSF), selon une source hospitalière. Quatre autres blessés ont été pris en charge par d'autres structures médicales.Un échange de tirs a éclaté mercredi après-midi entre des miliciens du PK5 et une milice du quartier Miskine, abritant une majorité de chrétiens et animistes.Ces derniers auraient agressé "deux jeunes musulmans sur une moto", selon des habitants du PK5, ce qui aurait déclenché les violences."Ils les ont poignardés et ont pris leur moto et l'argent", a raconté un habitant du PK5. "Les jeunes de PK5 voulaient se venger", poursuit-il.Des tirs à l'arme légère et à la grenade ont été entendus jusqu'à 18H00 (17H00 GMT) au niveau du rond-point Serpent, situé entre plusieurs arrondissements de Bangui, dont l'un comprend le PK5."Presque toutes les boutiques sont fermées", a indiqué jeudi matin à l'AFP un habitant du quartier.Le PK5, poumon économique de la capitale centrafricaine, est souvent le théâtre de violences meurtrières. En octobre, trois personnes avaient été tuées.En avril, des violences meurtrières y avaient fait plusieurs dizaines de morts. Les violences s'étaient ensuite propagées à proximité du PK5, avec notamment des combats autour d'une église catholique le 1er mai qui avaient fait au moins 24 morts et 170 blessés.La Centrafrique a basculé dans la violence et le chaos en 2013 après le renversement de l'ex-président François Bozizé par la rébellion Séléka, composée à majorité de musulmans du nord pays. En réponse, des milices autoproclamées d'autodéfense, les antibalaka, avaient fait une contre-offensive.Aujourd'hui, si Bangui vit dans un calme relatif, la quasi-totalité du territoire reste sous la coupe de groupes armés, qui combattent pour le contrôle des ressources et de l'influence locale.