Centrafrique: combats entre forces internationales et ex-rébellion Séléka

Par La rédaction

Bangui (AFP)

Des combats ont opposé mardi forces internationales et ex-rébellion Séléka dans le centre de la Centrafrique, au lendemain de l'attaque d'un village qui a fait au moins 10 morts dans le nord du pays, toujours en proie aux violences des groupes armés.

Les affrontements, qui se sont déroulés à Bria (centre-est), étaient terminés à la mi-journée.Une source proche des forces internationales a affirmé qu'"il y a des morts et des blessés", sans donner de bilan précis.Cette information n'a pas été confirmée officiellement.

La Minusca, épaulée par des militaires français, a procédé "à la reprise de certains édifices publics à Bria, occupés illégalement par les éléments armés ex-Séléka", et "s'est heurtée à l'hostilité immédiate du groupe armé, entraînant la riposte déterminée des forces internationales", selon son communiqué.

Cette opération visait "à mettre fin à l'existence d'une administration parallèle" mais aussi à "permettre la tenue des consultations populaires à Bria en donnant aux citoyens la possibilité de s'exprimer librement sur ce qu'ils pensent être les racines de la crise centrafricaine et leur vision de l'avenir", explique la Minusca.

Fin janvier, les ex-Séléka avaient empêché une délégation gouvernementale en visite à Bria d'organiser des consultations avec les habitants, dans le cadre du forum de dialogue et réconciliation national qui doit se tenir à Bangui prochainement.

Importante ville minière du centre-est de la Centrafrique, Bria et son activité diamantifère sont sous le contrôle des ex-Séléka depuis des mois.

Selon des témoignages d'habitants joints par l'AFP, des tirs nourris d'armes lourdes et légères ont été entendus dès l'aube dans la ville, obligeant les civils à se terrer chez eux.

"C'est depuis 05H00 (04H00 GMT) que nous n'arrivons pas à mettre le nez dehors (...) il y a de violents affrontements", a déclaré en début de matinée un habitant de Bria, qui dit avoir vu "des rotations d'avion de type Transall" et "un hélicoptère survoler la ville".

 

- Au moins 10 villageois tués -

Ces affrontements interviennent au lendemain d'une nouvelle attaque de village dans le nord, où les groupes armés - notamment les peuls alliés à l'ex-Séléka, qui contrôle une grande partie de l'est et du nord de la Centrafrique - ont multiplié les violences ces dernières semaines.

"Au moins 10 personnes ont été tuées et plus d'une dizaine d'autres blessées lundi dans le village de Boloum situé à une quinzaine de kilomètres de Batangafo" lors d'une attaque attribuée à des Peuls armés, a déclaré une source de la gendarmerie locale.

"Les assaillants ont aussi incendié des maisons d'habitation et des plantations comme ce furent les cas dans la région de Kaga Bandoro" récemment, faisant fuir de nombreux habitants terrorisés en brousse, a ajouté cette source.

Ces 15 derniers jours, au moins huit personnes avaient déjà été tuées dans des attaques similaires dans le nord.Le 4 février, les attaques de six villages, déjà attribuées à des Peuls armés, avaient fait au moins trois morts et plusieurs blessés dans les environs de Kaga Bandoro.

Depuis le renversement du président François Bozizé en mars 2013 par la coalition rebelle Séléka, qui a depuis abandonné le pouvoir, la Centrafrique a sombré dans une crise sécuritaire et politique sans précédent opposant milices principalement chrétiennes, les anti-balaka, aux rebelles Séléka, essentiellement musulmans.

Des mois de violences intercommunautaires et d'affrontements entre groupes armés ont depuis achevé de ruiner le pays, déjà rongé par des années d'incurie et des troubles à répétition, et contraint les civils musulmans de fuir des régions entières.

Ces troubles et la déliquescence de l'Etat centrafricain ont permis à des bandes armées de prospérer dans nombre de régions, où elles rançonnent et volent la population, mais aussi les organisations humanitaires.

La présence de trois forces internationales -la force française Sangaris, l'Eufor RCA (UE) et la Minusca - a permis de réduire en partie les violences, notamment dans la capitale Bangui, sans pour autant réussir à pacifier l'ensemble du territoire.