Centrafrique: des groupes armés félicitent le nouveau Premier ministre

Par AFP

AFRICA RADIO

Plusieurs groupes armés de Centrafrique signataires de l'accord de paix conclu au début du mois avec le gouvernement de Bangui ont salué mardi la nomination de Firmin Ngrebada, proche du président Faustin Archange Touadera, comme Premier ministre.

Le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et la Coordination nationale du mouvement des patriotes antibalaka, une des deux branches de ces milices, ont "félicité" et "complimenté" M. Ngrebada, nommé lundi, dans un communiqué conjoint.Ils y expriment "leur disponibilité et leur volonté de travailler" avec lui pour "le rétablissement et la consolidation de la paix" en Centrafrique.Le FPRC, issu de l'ex-rébellion de la Séléka qui avait renversé en 2013 le président François Bozizé, provoquant une réaction violente des milices antibalaka, est l'un des principaux groupes armés de Centrafrique."On lui fait confiance pour lancer la réconciliation nationale et le retour à la paix", a pour sa part déclaré à l'AFP Igor Lamaka, représentant de l'autre branche des milices antibalaka, proche de Patrice-Edouard Ngaïssona, récemment transféré à la Cour pénale internationale (CPI).L'accord conclu à Khartoum et signé le 6 février à Bangui entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés, prévoit la formation d'un "gouvernement inclusif" qui doit être prochainement formé.M. Ngrebada menait les négociations au nom du pouvoir à Bangui lors des pourparlers de Khartoum.Les groupes armés, qui dominent environ 80% du territoire, ont longtemps réclamé un Premier ministre issu de leurs rangs. N'ayant pas obtenu gain de cause, ils devraient néanmoins être bien représentés dans le prochain gouvernement.Certains chefs ou représentants de ces groupes sont déjà présents au gouvernement ou comme conseillers à la présidence.Depuis la signature de l'accord, quelques incidents armés ont eu lieu dans le pays, mais aucun combat de grande ampleur n'a été observé.L'accord de Khartoum a été préparé depuis juillet 2017 par l'Union africaine et salué par tous les partenaires de la Centrafrique.Le pays est classé parmi les pays les plus pauvres du monde, malgré la richesse de son sous-sol en diamants, en or et en uranium. Une quinzaine de groupes armés s'y affrontent pour le contrôle de ces ressources.