Centrafrique: enquêtes sur les récentes violences à Bangui

14 novembre 2013 à 11h20 par La rédaction


Bangui (AFP)

Le parquet de Bangui annonce l'ouverture d'enquêtes judiciaires après l'arrestation d'auteurs présumés des violences qui se sont multipliées ces derniers jours dans la capitale centrafricaine, faisant plusieurs morts parmi les civils, dans une déclaration à la presse.

"Face à cette situation d'extrême violence et de vive tension (...) des enquêtes judiciaires sont d'ores et déjà ouvertes contre les présumés auteurs de ces crimes", a déclaré le procureur du tribunal de Bangui, Ghislain Grézenguet, mercredi soir.

"A l'heure actuelle, certains d'entre eux sont interpellés et gardés à vue dans les locaux de la Section des recherches et investigations (SRI, gendarmerie)", a-t-il ajouté, sans préciser le nombre d'interpellations.

Selon le procureur, "la ville de Bangui est devenue le théâtre de violences de tous genres allant des braquages, des vols à main armée, aux assassinats".

"Cette recrudescence de la criminalité a été enregistrée dans plusieurs arrondissements de la ville de Bangui notamment les quartiers Miskine, Castors, et Fatima (nord).Les parents des victimes de ces actes criminels appuyés par une tranche mécontente de la population ont systématiquement érigé des barricades et brûlé des pneus sur la voie publique en guise de représailles", a-t-il souligné.

Plusieurs actes de banditisme armé, oeuvres d'ex-rebelles, ont été signalés dans la capitale depuis le début du mois.Dernier incident en date, mercredi des éléments de l'ex-Séléka ont ouvert le feu sur une foule qui protestait contre l'enlèvement d'un soldat dans le centre de Bangui, faisant au moins un mort et plusieurs blessés parmi les civils.

Les nouvelles autorités tentent avec difficulté depuis plusieurs mois de mener des opérations de désarmement et de cantonnement des ex-rebelles, accusés de nombreuses exactions à Bangui et en province.

La Centrafrique est livrée à une insécurité généralisée depuis le renversement du président François Bozizé le 24 mars par la coalition de la Séléka, aujourd'hui officiellement dissoute par son chef, Michel Djotodia, investi comme président de transition le 18 août.

Des groupes d'autodéfense ont pris les armes contre les ex-rebelles, entraînant de nouvelles violences qui prennent un caractère inter-communautaire et ont entraîné le déplacement de dizaines de milliers de civils, essentiellement dans le nord-ouest de la Centrafrique.