Centrafrique: environ 10 militaires tués, 11 capturés à Birao, annonce la rébellion

25 novembre 2010 à 15h25 par La rédaction

LIBREVILLE (AFP)

La rébellion centrafricaine de la CPJP, qui contrôle depuis mercredi la ville de Birao (nord-est de la Centrafrique), a annoncé jeudi y avoir tué une dizaine de militaires et fait prisonniers onze autres, alors que l'armée centrafricaine fait état de 4 morts.

Mercredi, "la CPJP (Convention des patriotes pour la justice et la paix) a pris le contrôle de la ville de Birao après (un) bref combat à l'issue duquel" ont été dénombrés "une dizaine" de membres de la garde présidentielle (GP, unité d'élite de l'armée)" tombés au combat, affirme la rébellion dans un communiqué transmis à l'AFP à Libreville.

Le texte, signé par son porte-parole Dr Bévarrah Lala, mentionne un mort et deux blessés dans ses rangs.

Selon la même source, la CPJP détient "onze prisonniers" membres de la GP, "dont le commandant de Birao et son lieutenant" et a récupéré "neuf véhicules" de l'armée.

Jeudi matin, un responsable au Haut commandement de l'armée centrafricaine avait indiqué à l'AFP à Bangui que quatre militaires avaient été tués et un nombre indéterminé capturés par la CPJP qui, depuis l'attaque, contrôlait Birao, chef-lieu de la Vakaga et la plus importante ville du nord-est du pays.

"Actuellement, le gros de la troupe s'est replié sur Sam Ouandja, Ndélé et Bria", autres grandes villes de la région, "mais des renforts sont acheminés pour la riposte qui ne saurait tarder", avait affirmé le responsable militaire.

Le porte-parole du gouvernement, Fidèle Ngouandjika, avait aussi confirmé l'occupation de la ville, en indiquant que la CPJP a été appuyée dans l'assaut "par des rebelles tchadiens chassés du Darfour", région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre où de nombreux mouvements rebelles tchadiens disposaient jusqu'à récemment de bases arrière.

La CPJP, basée à Ndélé (nord-est), a récemment occupé d'autres villes du pays (Yalinga, Ippy, est), après avoir tenté, en juillet, une attaque contre Birao qui avait été repoussée par l'armée avec l'appui d'ex-rébellions basées dans la ville et de groupes d'autodéfense.

Elle n'a pas signé d'accord de paix avec Bangui, contrairement à d'autres mouvements rebelles de Centrafrique, pays engagé dans un processus de pacification depuis 2008.