Centrafrique: jugé par la CPI, "Jean-Pierre Bemba n'acceptera pas de mourir seul"

Par La rédaction

BANGUI (AFP)

Le Congolais Jean-Pierre Bemba, jugé depuis lundi à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI) pour des atrocités commises par ses hommes en Centrafrique, "n'acceptera pas de mourir seul", estime mardi un journal centrafricain.

"Tel que c'est parti, Jean-Pierre Bemba n'acceptera pas de mourir seul.Il va accuser l'ex-président (centrafricain Ange Félix) Patassé", écrit le journal privé Le Citoyen, l'un des huit quotidiens paraissant régulièrement à Bangui à commenter le procès de M. Bemba.

Pour Le Citoyen, lors de son procès prévu pour durer plusieurs mois, Jean-Pierre Bemba accusera l'ex-président Patassé qui, "à son tour, se retournera contre son ministre de la Défense nationale" de l'époque, Pierre Angoa, "et son chef d'état-major" d'alors, François Bozizé.

"Mais que pouvaient faire ces deux-là quand l'ordre venait directement du président de la République, chef suprême des armées ? (...) Au lieu de faire appel à un Etat, Patassé s'est fait offrir les services d'un groupe rebelle, se passant (ainsi) d'une armée régulière en tout état de cause", ajoute le journal.

La population centrafricaine "attend l'issue de ce procès avec beaucoup d'espoir", déclare de son côté Le Confident.La plupart des autres parutions publient des communiqués de la CPI ou des dépêches d'agence.Quelques-uns passent le procès sous silence.

Ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité - viols, pillages et meurtres - commis en 2002 et 2003 par sa milice du Mouvement de libération du Congo (MLC) en Centrafrique, où elle soutenait les troupes du président Patassé alors confronté à une tentative de coup d'Etat du général François Bozizé.

M. Bozizé a finalement renversé M. Patassé en mars 2003 et dirige depuis le pays.Les deux hommes sont candidats à l'élection présidentielle centrafricaine fixée en janvier 2011.