Centrafrique: l'ONU accorde de nouvelles exemptions à l'embargo sur les armes

Par AFP

AFRICA RADIO

L'ONU a accordé à la Russie et à la Chine de nouvelles exemptions à l'embargo sur les armes imposé à la Centrafrique, ont fait savoir des diplomates alors que le Conseil de sécurité est appelé à se prononcer jeudi sur une nouvelle prolongation annuelle de cet embargo.

Une nouvelle demande de la Russie --de plus en plus impliquée dans l'ex-colonie française en soutien de son président-- concernant des armes légères (pistolets, kalachnikovs) et des munitions avait suscité des réserves des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni.Paris a levé ses objections le 25 janvier, avant que Washington et Londres ne suivent le même chemin mercredi, selon des diplomates.Depuis 2017, la Russie a déjà obtenu de l'ONU des exemptions pour livrer des armes aux forces de sécurité centrafricaines, entourées de conditions sur leur stockage et leur traçabilité. La France avait aussi bénéficié l'an dernier d'une exemption pour remettre des fusils d'assaut aux unités de l'armée formées par l'Union européenne.En 2018, la Chine avait également demandé une exemption pour livrer des armes, qui a été longtemps bloquée à l'ONU.Selon une source diplomatique, elle a finalement été accordée récemment après une reformulation de la demande chinoise, qui ne portait plus sur des armes létales et de l'armement anti-aérien, mais principalement sur des véhicules.La France intervient à l'occasion en Centrafrique avec des avions de chasse venus du Tchad pour apporter un soutien aérien à la force de Casques bleus de l'ONU déployée dans le pays.Jeudi, le Conseil de sécurité devrait renouveler pour un an son embargo sur les armes imposé à la Centrafrique depuis 2013, en dépit d'une vieille demande de ses autorités pour sa levée.Lundi, environ 3.000 Centrafricains, dont le Premier ministre Mathieu Simplice Sarandji, avaient manifesté à Bangui pour exiger à nouveau la levée de l'embargo."Le gouvernement respecte l'embargo alors que les groupes armés reçoivent des armes. Le peuple centrafricain ne peut pas comprendre cette loi de deux poids deux mesures", a affirmé le Premier ministre.Le comité de l'ONU chargé du suivi des sanctions contre la Centrafrique avait relevé dans un rapport fin 2018 que des rebelles musulmans, tout en étant impliqués dans des pourparlers de paix, s'étaient fait livrer des armes venant de trafiquants au Soudan.