Centrafrique: la procureure de la CPI appelle au calme avant les élections

Par AFP

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La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a appelé mardi au calme avant les élections présidentielle et législatives en Centrafrique prévues dimanche, affirmant que tout crime relevant de la compétence de la juridiction du tribunal serait poursuivi.

L'appel de la procureure Fatou Bensouda intervient alors que les Forces de maintien de la paix des Nations unies ont été déployées la semaine dernière dans ce pays d'Afrique centrale en proie à des troubles."J'appelle, entre autres, toutes les parties, tous les groupes armés, les acteurs politiques et leurs partisans au calme et à la retenue", a déclaré la procureure de la CPI, basée à La Haye (Pays-Bas)."La tenue d'élections dans un climat apaisé est essentielle en République centrafricaine pour prévenir l'émergence d'une spirale de la violence", a ajouté Fatou Bensouda dans un communiqué.Le puissant groupe armé 3R, le Mouvement patriotique pour l'Afrique centrale (MPC) et les milices anti-balaka ont lancé une offensive, entraînant le déploiement de troupes de l'ONU en Centrafrique (MINUSCA) vendredi.Les milices ont accusé le président centrafricain Faustin Archange Touadera de chercher à truquer les élections et ont mis en garde contre une réaction violente."Quiconque commet des crimes visés au Statut de Rome, ordonne leur commission, y incite, l'encourage et y contribue, de quelque manière que ce soit, est passible de poursuites devant les tribunaux centrafricains ou la Cour pénale internationale", a prévenu la procureure.Le bureau de la procureure a ouvert deux enquêtes distinctes concernant la République centrafricaine.La dernière enquête a été lancée après que le pays a sombré en 2013 dans un conflit à caractère sectaire, à la suite de la destitution de l'ancien dirigeant François Bozizé.Le conflit avait opposé la Séléka, une coalition rebelle issue en grande partie de la majorité musulmane, à la contre-insurrection de milices anti-balaka essentiellement chrétiennes et animistes.En novembre 2018, l'ancien chef anti-balaka Alfred Yekatom, accusé de crimes contre l'humanité, a été remis à la CPI. Il a été rejoint en janvier 2019 par Patrice-Edouard Ngaïssona, considéré par la Cour pénale internationale comme l'un des plus hauts dirigeants des anti-balaka.Les deux hommes sont actuellement jugés à la CPI.