Centrafrique: le chef d'un groupe armé rebelle mis sous sanctions de l'ONU

Par AFP

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Le Conseil de sécurité de l'ONU a ajouté lundi à sa liste de personnes sanctionnées en Centrafrique un chef rebelle signataire de l'accord de paix du 6 février 2019 entre le gouvernement et 14 groupes armés, selon des sources diplomatiques.

Au terme de cet accord, les signataires se partageaient notamment des postes au gouvernement.Le "général" autoproclamé Abdoulaye Miskine (Martin Koumtamadji pour l'état-civil) figurait dans le dernier rapport des experts de l'ONU chargés du contrôle des sanctions et de l'embargo sur les armes décrétés en 2013. Il y était évoqué comme étant à la recherche de combattants.En dépit de la signature de l'accord de paix de février 2019 par le Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC), fondé et dirigé par Abdoulaye Miskine, ce dernier "reste une menace pour la paix, la stabilité et la sécurité de la Centrafrique", a précisé un diplomate. Après l'accord de paix de février 2019, il avait été nommé à un poste de conseiller dans le nouveau gouvernement centrafricain formé le 5 mars de la même année mais sans jamais prendre ses fonctions, selon Bangui.Il est mis sous sanctions de l'ONU (gel d'avoirs, interdiction de voyages) à l'initiative des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne et de la France.La Belgique et l'Estonie, deux autres membres du Conseil de sécurité, ont apporté leur soutien à la procédure de mise sous sanctions de Miskine, qui aurait été retardée par la Russie, très impliquée en Centrafrique, pour une raison non précisée.En novembre 2019, le gouvernement centrafricain avait annoncé l'arrestation de Miskine au Tchad et réclamé son extradition.Figure historique de la rébellion depuis la première guerre civile centrafricaine en 2004, année au cours de laquelle il a créé le FDPC, Abdoulaye Miskine, de même que son groupe, aurait beaucoup perdu fin 2019 de son influence et de son pouvoir sur le terrain, selon les observateurs du conflit.Avec l'ex-rébellion Séléka, il avait participé avec une coalition de groupes armés au renversement en 2013 du régime du président François Bozizé.La Centrafrique est ravagée depuis cette année-là par les combats entre de nombreuses milices rebelles et les forces gouvernementales, mais aussi entre ces groupes armés eux-mêmes.Depuis l'accord de Khartoum, les violences ont baissé mais n'ont pas réellement cessé, notamment les combats entre groupes rebelles qui continuent de faire des victimes parmi les civils.Près d'un quart des quelque 4,7 millions d'habitants de ce pays parmi les plus pauvres du monde ont été contraints de fuir leurs domiciles depuis 2013.