Centrafrique: le gouvernement rassure sur la crédibilité des élections

29 décembre 2020 à 16h48 par AFP

AFRICA RADIO

Les élections présidentielle et législatives en Centrafrique sont "légitimes" et "crédibles", a assuré mardi le porte-parole du gouvernement Ange Maxime Kazagui alors que le premier tour a été perturbé par des groupes rebelles qui occupent les deux tiers d'un territoire en proie à la guerre civile.

"Nous avons eu des élections crédibles, engagées et populaires", a affirmé M. Kazagui lors d'une conférence de presse à Bangui. Néanmoins, des milliers de Centrafricains n'ont pu voter dimanche en rasion de menace de groupes rebelles à l'offensive contre le sortant et favori Faustin Archange Touadéra."Certains avaient estimé que ces élections ne devaient pas avoir lieu et qu'il fallait tout faire pour effrayer et décourager les Centrafricains. Malgré cela, les Centrafricains ont marqué leur volonté ferme d'aller voter, en dépit de tous les dangers", a-t-il ajouté.Les habitants de la capitale ont voté dans le calme et en grand nombre, mais dans les régions, des milliers de personnes ont été empêchés de voter ou privés de leur carte d'électeur jamais arrivée en raison de l'insécurité, selon des responsables locaux et de l'ONU qui ont requis l'anonymat. Sur un total de 71 sous-préfectures, "29 n'ont pas voté", avait déclaré lundi le ministre de l'Administration du territoire, Augustin Yangana-Yahoté lors d'une conférence de presse. "Et dans six autres sous-préfectures, il n'y a eu qu'un vote partiel", a ajouté à l'AFP Momokoama Théophile, rapporteur général de l'Autorité nationale des élections (ANE).Dans ce contexte, la question de la légitimité des futurs élus - le président et 140 députés - est déjà posée par les experts internationaux et l'opposition. D'autant que cette dernière accuse déjà le gouvernement de fraudes. "L'élection s'est déroulée dans les 16 préfectures de la République centrafricaine. 800 bureaux de vote n'ont pas été ouverts, sur 5.408. Cela veut dire que 85% des bureaux de vote ont été ouverts au public", a nuancé M. Kazagui."Aucun seuil n'est fixé pour la légitimité d'un vote. Nous avons vu en Occident des taux de participations de parfois 40%, mais ces élections ont été acceptées" a-t-il ajouté."L'élection à Bangui s'est déroulée dans la paix et la sécurité (...) en dépit des menaces des groupes armés", a pour sa part affirmé Modibo Sidibé, ancien Premier ministre malien, et représentant de l'Union africaine (UA), lors d'une autre conférence de presse où les observateurs d'organisations africaines se sont félicités de la tenue du scrutin.Les premiers résultats partiels sont attendus le 4 janvier et définitifs le 19. Un second tour éventuel est prévu pour le 14 février.