Centrafrique: le ministre des Mines fustige le rapport sur les sociétés minières chinoises

Par AFP

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Le ministre centrafricain des Mines a dénoncé samedi un "règlement de comptes", après la publication d'un rapport accusant des sociétés minières d'avoir causé un "désastre écologique" dans le nord du pays avec la "complicité" de certains responsables de son ministère.

Ce rapport d'enquête parlementaire rendu public le 13 juillet avait recommandé l'arrêt de l'exploitation des mines d'or par quatre sociétés chinoises près de la ville de Bozoum."Le mode d'exploitation utilisé s'apparente à un bradage de nos ressources, avec la complicité de certains responsables du ministère des Mines" avait accusé le rapport."Le ministère est devenu le bouc émissaire, la bête à abattre de ce qui prend l'allure d'un règlement de comptes entre partis politiques", s'est défendu samedi le ministre, Léopold Mboli Fatrane, face à la presse.Les auteurs du rapport avaient notamment fait état d'une pollution de l'eau du fleuve Ouham, dévié de son lit par les sociétés minières, et de la multiplication des cas de décès dans les villages de pêcheurs. Des conclusions contestées par le ministre."La déviation d'un cours d'eau pour l'extraction est une méthode couramment utilisée dans d'autres pays", a déclaré le ministre. Au sujet de la pollution des eaux, "nous pourrons donner des réponses lorsque nous aurons les résultats des analyses" a-t-il ajouté."Les sociétés ont maladroitement rompu leurs obligations", a toutefois reconnu le ministre. "Nous avons demandé que des travaux de réhabilitation des sols et des forages d'eau potable soient réalisés immédiatement".Dans la foulée de l'enquête parlementaire, un second rapport, confidentiel, a été remis aux députés. Trois d'entre eux y sont accusés d'avoir reçu des pots-de-vin dans l'attribution de permis miniers à des sociétés chinoises, pour un montant de 40 millions de Fcfa (environ 61.000 euros). Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée depuis 2013 par la guerre, qui a forcé près d'un quart des 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.L'exploitation de ces ressources est difficile à contrôler dans ce pays où l'Etat n'a la main que sur une maigre partie du territoire national.