Centrafrique: report au 30 décembre de la présidentielle et des législatives

25 décembre 2015 à 19h01 par La rédaction

Bangui (AFP) Le premier tour des élections présidentielle et législatives en Centrafrique, initialement prévu dimanche, a été reporté de trois jours pour régler les problèmes d'organisation de ces scrutins destinés à sortir le pays de trois ans de violences intercommunautaires."Pour des raisons techniques, le premier tour des élections présidentielle et législatives prévues pour le dimanche 27 décembre 2015 est reporté au mercredi 30 décembre 2015", a annoncé vendredi l'Autorité nationale des élections (ANE) dans un communiqué. Les autorités de transition avaient proposé jeudi ce report en raison notamment de difficultés d'acheminement des bulletins de vote à l'intérieur du pays.Ces bulletins, imprimés en France, ne sont arrivés que jeudi à Bangui."Cette décision a été prise après une large concertation avec tous les acteurs impliqués dans le processus électoral" et a pour but "de permettre aux électeurs d'accomplir leur devoir en toute sérénité et transparence", poursuit l'ANE.La campagne électorale, qui devait s'achever ce vendredi, "est prolongée jusqu'à lundi 28 décembre à minuit".La Cour constitutionnelle de transition doit normalement avaliser les reports électoraux mais, en raison des fêtes et de la proximité de la date initialement prévue, l'institution ne va pas siéger, selon une source proche de la Cour. Des membres de la Cour et les représentants des candidats et des partis politiques ont participé jeudi à une réunion sur ce report à la présidence, selon une source diplomatique.Un décret de la présidente de transition devrait prochainement confirmer officiellement cette nouvelle date.- Elections reportées plusieurs fois -Les élections ont été reportées à plusieurs reprises du fait de l'insécurité persistante dans plusieurs zones du pays, toujours sous la coupe de bandes armées, et des affrontements intercommunautaires qui ont déchiré l'un des pays les plus pauvres au monde depuis trois ans.L'éventuel second tour de la présidentielle et celui des législatives (1.800 candidats) sont prévus le 31 janvier.La transition doit s'achever au plus tard le 31 mars. Dans ce pays de 4,8 millions d'habitants, les électeurs se sont massivement inscrits sur les listes électorales, témoignage d'une forte volonté d'en finir avec la loi des armes.Trente candidats sont en lice pour la présidentielle mais trois personnalités émergent: les anciens Premiers ministres Anicet Georges Dologuélé et Martin Ziguélé, ainsi que Abdoul Karim Méckassoua, plusieurs fois ministre.Le renversement du président Bozizé, en mars 2013, par la rébellion à dominante musulmane Séléka de Michel Djotodia, a précipité le pays dans un cycle de violences intercommunautaires qui a culminé fin 2013 par des massacres à grande échelle.Michel Djotodia a finalement été contraint à la démission début 2014, par une intervention militaire internationale menée par la France.Dirigée depuis par Catherine Samba Panza, la Centrafrique tente de se réconcilier et de redresser une économie ruinée, sous perfusion des bailleurs qui, France en tête, poussaient à l'organisation rapide d'élections.Les trois derniers chefs d'Etat du pays sont exclus du scrutin.MM.Bozizé et Djotodia, actuellement en exil, sont sous le coup de sanctions internationales et la Charte de transition interdisait à Mme Samba Panza d'être candidate.L'organisation des élections est un défi logistique, vu l'état des moyens de communications (routes, téléphonie...) et la présence de groupes armés issus de l'ex-Séléka ou des milices majoritairement chrétiennes et animistes anti-balaka, qui tendent des embuscades le long des axes routiers.La Mission des Nations unies (Minusca) est mobilisée pour assurer la sécurité du vote et aider à l'acheminement du matériel électoral (urnes, bulletins).Les forces de sécurité nationales (armée, gendarmerie, police) commencent aussi à être mobilisées.- Minusca et Sangaris mobilisés -La force française Sangaris a également été déployée en deux points susceptibles de violences de la part d'opposants au processus électoral: à Bossangoa, fief de François Bozizé dans l'ouest, et à Kaga Bandoro, porte d'entrée de la zone dans laquelle l'ex-Séléka est toujours présente.La force onusienne a précisé que des mesures avaient également été prises pour "protéger les candidats" en campagne dans les lointaines provinces et dans la capitale.Le déroulement du référendum - dont l'enjeu politique était bien moindre - montre que ces mesures restent indispensables.Dans plusieurs localités de province, le vote avait été perturbé par des hommes armés et à Bangui, dans l'enclave musulmane du PK-5, des tirs d'armes lourdes avaient fait cinq morts.Vu le nombre de candidats, les opérations de dépouillement et de centralisation des résultats par l'ANE s'annoncent longues.Pour le référendum, bien plus simple à dépouiller et où le taux de participation a officiellement été de 38%, les résultats ont été annoncés huit jours après le vote.