Ceuta: une association marocaine demande une enquête sur le décès d'un migrant

Par AFP

AFRICA RADIO

Une association marocaine de défense des droits humains a réclamé vendredi l'ouverture d'une enquête sur le décès d'un jeune migrant qui voulait rallier l'enclave espagnole de Ceuta cette semaine.

Le corps de Saber Azouz, 20 ans, a été repêché en mer jeudi et sa famille assure que "des traces de sang ont été retrouvées sur ses vêtements", indique l'Observatoire nord des droits de l'Homme (ONDH) dans un communiqué publié sur sa page Facebook.L'association "réclame que soit élucidé le meurtre délibéré de ce migrant sans défense" par les forces espagnoles tout en soulignant que de son point de vue, le Maroc est "responsable de ne pas assurer une vie décente à ses citoyens" et d'avoir "exploité la migration à des fins politiques".En début de semaine, quelque 8.000 migrants de tout âge, pour la plupart de jeunes Marocains, ont rejoint Ceuta par la plage ou par la mer, en profitant d'un relâchement des contrôles frontaliers côté marocain sur fond de crise diplomatique majeure entre le Maroc et l'Espagne. Plus de 6.000 ont ensuite été expulsés de l'enclave, avec, à partir de jeudi, une entente logistique entre les deux pays pour organiser les retours.Les autorités espagnoles ont fait état de deux décès par noyade pendant cet afflux migratoire sans précédent. En toile de fond, persistent de fortes tensions entre Madrid et Rabat, qui ne décolère pas depuis l'arrivée en avril en Espagne, pour y être soigné, de Brahim Ghali, chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, ennemi juré du Maroc.L'épisode a été accompagné de déclarations musclées, Madrid dénonçant un "chantage" et une "agression", tandis que Rabat fustigeait "double langage" et "intimidation".Les deux pays se renvoient aussi la balle sur le traitement des mineurs: Madrid reproche qu'on les ait laissés passer sans entrave, Rabat affirme que les moyens employés pour les refouler étaient disproportionnés.Amnesty International a renvoyé dos à dos les deux pays en estimant que "les demandeurs d'asile et les migrants sont utilisés comme les pions d'un jeu politique entre le Maroc et l'Espagne".Le communiqué de l'ONG basée à Londres affirme aussi que des migrants ont été "battus" par les forces espagnoles et demande une enquête sur ces "abus".