Clinton veut que les Etats-Unis commercent davantage avec l'Afrique

Par La rédaction

LUSAKA (AFP)

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, arrivée vendredi en Zambie, entend accroître les relations commerciales entre les Etats-Unis et l'Afrique, un continent où la Chine s'est récemment taillée la part du lion.

Son déplacement donne davantage d'importance aux discussions commerciales que les Américains ont tous les ans avec l'Afrique.Cette année, quelque 1.600 officiels, chefs d'entreprise et militants de 31 pays étaient réunis à Lusaka.

Sa visite montre aussi l'intérêt croissant que les Etats-Unis ont pour les économies africaines, dont le Fonds monétaire international (FMI) dit qu'elles croîtront plus vite que le reste du monde ces prochaines années.

La réunion de Lusaka devait faire le point sur l'Agoa (Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique), la législation américaine permettant à 37 pays africains d'exporter sans droits de douane aux Etats-Unis, depuis 2000 et jusqu'en 2015, si les bénéficiaires respectent les normes fondamentales de la démocratie et le libre marché.

Dans un discours, Hillary Clinton a appelé ses partenaires à faire un meilleur usage de cet accord douanier, s'ils veulent être sûr que le Congrès américain le renouvelle en 2015.

Malgré une augmentation importante des échanges, "nous ne pouvons pas ignorer les signes qui montrent que tous les pays n'ont pas tiré le meilleur parti de l'Agoa", a-t-elle déclaré à ses partenaires.

"Les pays africains exportent seulement une poignée des 6.500 produits qui peuvent être expédiés en franchise (vers les Etats-Unis).L'exportation la plus commune est encore un baril de pétrole", a-t-elle regretté.

Hillary Clinton a également encouragé les pays africains à lever les barrières douanières qui les séparent, à réduire les formalités administratives, à lutter contre la corruption, et à investir davantage dans les infrastructures, routes, ports et réseaux électriques.

"L'expansion du commerce en Afrique est l'un des meilleurs moyens de promouvoir la croissance", a souligné la secrétaire d'Etat américaine.

Les exportations africaines vers les Etats-Unis ont plus que décuplé depuis que l'Agoa est entrée en vigueur, à 44 milliards de dollars l'an dernier, mais les produits pétroliers représentent plus de 90% du total.

Quant aux exportations de produits manufacturés, elles ont été multipliées par quatre, mais viennent principalement d'Afrique du Sud.

Et, paradoxalement, une disposition de la loi permettant à de nombreux pays d'exporter des vêtements fabriqués à partir de tissus importés, a contribué à la croissance d'usines chinoises situées dans des pays tels que le Swaziland.

La Chine est aujourd'hui le partenaire commercial le plus important et le plus grand investisseur en Afrique: le commerce du continent avec le géant asiatique a bondi de plus de 40% l'an dernier, à 127 milliards de dollars.

"Je pense que les Chinois ont été plus agressifs en termes de commerce dans la région.Le commerce entre les Etats-Unis et l'Afrique, c'est du long terme", estime Mupelwa Sichilima, du groupe de réflexion sud-africain Stratégies et politiques commerciales et industrielles.

Certains pays africains se sont tournés vers la Chine parce que Pékin ne demande rien en matière de droits de l'Homme ou de démocratie.

Mais M. Sichilima relève que, dans la pratique, d'autres restrictions entravent le commerce africain avec les �?tats-Unis et la Chine: essentiellement des considérations telles que les normes pour les produits alimentaires.

"Même si les marchés sont ouverts, la plupart des exportateurs ne peuvent pas respecter les règles strictes requises tant par l'Agoa que par la Chine", dit-il.

"La Chine n'est qu'un autre marché qui est arrivé, mais cela ne signifie pas qu'il avalera tout ce qui vient d'Afrique."