Comores: le chef de l'opposition arrêté toujours entendu par les gendarmes

29 mars 2019 à 14h52 par AFP

AFRICA RADIO

Le responsable de l'opposition comorienne arrêté jeudi pour avoir contesté la réélection à ses yeux frauduleuse du président Azali Assoumani était toujours entendu vendredi par les gendarmes, a-t-on appris auprès de son entourage.

Arrivé quatrième du premier tour de scrutin de dimanche, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard", a été interpellé à son domicile de la capitale Moroni juste après avoir annoncé qu'il prenait la tête d'un "comité national de transition".

"Officiellement, il est à la gendarmerie, mais le motif de son arrestation ne nous a pas été signalé", a confirmé vendredi à l'AFP sa porte-parole, Nadia Tourqui.

Au pouvoir depuis 2016, le colonel Azali a été réélu haut la main dimanche avec 60,77% des suffrages, selon les résultats provisoires de la Commission électorale.

Mais ses douze rivaux du premier tour refusent de reconnaître sa victoire, à leurs yeux entachée de "fraudes massives".

Dénonçant "une tromperie, une mascarade, une honte", "Campagnard" a annoncé jeudi que l'opposition entrait en "résistance" et appelé la population à "désobéir civilement" si le vote de dimanche n'était pas annulé d'ici au 3 avril.

L'ancien chef d'état-major de l'armée est accusé d'avoir voulu "mettre en place un gouvernement parallèle", selon une source gouvernementale.

Depuis des mois, l'opposition dénonce la "dictature" du président Azali.Il a notamment fait arrêter des dizaines d'opposants et modifier la Constitution dans un sens qui pourrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu'en 2029.

Jeudi après-midi, une fusillade a opposé des hommes en armes non identifiés et des soldats autour de la principale caserne de Moroni.Elle a fait au moins trois morts et deux blessés, selon le ministre de l'Intérieur, qui n'a pas établi de lien entre cet épisode et la situation politique actuelle.

La capitale a retrouvé son calme vendredi, selon un journaliste de l'AFP.

am-pa/bed/jlb