Dépêches AFP

Congo: la justice invitée à se saisir de l'affaire de corruption des enfants du président

12 octobre 2019 à 15h16 Par AFP
Une plateforme d'organisations de la société civile du Congo-Brazzaville a demandé au procureur de la République de se saisir d'une affaire présumée de corruption concernant deux députés, fils et fille du président Denis Sassou Nguesso, accusés de détournements de fonds publics. "Notre plateforme de la société civile pour la défense des droits humains et la démocratie a déposé hier (vendredi) une plainte devant le procureur de la République pour qu'il s'implique dans cette affaire et dise la vérité aux Congolais", a déclaré samedi à l'AFP Jo Washington Ebina, une des personnes ayant pris l'initiative de la plainte."L'affaire concerne les députés de la majorité Denis Christel Sassou Nguesso et Claudia Sassou Nguesso, fils et fille du président Denis Sassou Nguesso, 76 ans, dont 35 à la tête du Congo.Le 6 août l'ONG britannique Global Witness a, dans un rapport rendu public mardi, accusé le fils cadet du président congolais, 44 ans, d'avoir détourné à son profit plus de 50 millions de dollars (30 milliards de francs CFA) de fonds publics en 2014."Au total, en 2014, les entreprises détenues par Denis Christel Sassou-Nguesso ont reçu près de 50,5 millions de dollars qui auraient été détournés des comptes du Trésor congolais", a écrit l'ONG britannique spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles. "Selon des documents étudiés par Global Witness, le véritable propriétaire du réseau chypriote d'entreprises qui a reçu les 50 millions de dollars du Trésor congolais était Denis Christel Sassou-Nguesso".Selon une autre enquête de Global Witness publiée en avril, sa soeur, Claudia Sassou Nguesso, 47 ans, aurait reçu près de 20 millions de dollars (12 milliards de francs CFA) de fonds publics apparemment détournés et utilisés pour l'achat d'un appartement de luxe dans le Trump Hotel & Tower à New York."C'est une affaire congolaise. Le procureur de la République est mieux placé pour dire aux Congolais ce qui s'est passé au sujet de ces détournements", a insisté M. Ebina."Les deux personnes accusées ont non seulement détourné, mais surtout provoqué le peuple", a-t-il poursuivi.En août dernier des ONG avaient affirmé que "les cas scandaleux de détournements de fonds publics de notre pays sont récurrents, mais les autorités gardent un silence complice, au bénéfice de ces présumés criminels financiers".