Coronavirus: l'influente confrérie des tidianes renonce à son rassemblement annuel au Sénégal

Par AFP

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La confrérie des tidianes, l'une des plus influentes du Sénégal, a annoncé mardi qu'elle n'organisera pas fin octobre son traditionnel grand rassemblement à Tivaouane, pour cause de coronavirus, invitant les fidèles à célébrer la naissance du prophète Mahomet "dans l'intimité de leur foyer".

Depuis 1902, des milliers de pèlerins se rendent chaque année à Tivaouane, l'un des principaux centres de la confrérie au Sénégal à environ 90 km à l'est de Dakar, pour le "Gamou", appellation locale du Maouloud (ou Mawlid), fête musulmane célébrant la naissance du prophète Mahomet, prévue cette année le 28-29 octobre.En raison de la pandémie de Covid-19, le khalife général des tidianes de Tivaouane, Serigne Babacar Sy Monsour, a "jugé utile et salutaire d'inviter les fidèles à célébrer le Maouloud de cette année dans l'intimité de leur foyer", a déclaré son porte-parole lors d'une conférence de presse très attendue au Sénégal."Rien ne lui ferait plus plaisir que de pouvoir communier avec vous à nouveau, mais à l'impossible nul n'est tenu", a-t-il ajouté, en évoquant la "malédiction" du Covid."Ce qui lui importe, ce n'est ni la lettre, ni le nombre de fidèles mobilisés, mais l'essence de cette commémoration", a ajouté le porte-parole du khalife. "Il nous invite à célébrer autrement cette année", "sans bain de foule".Depuis l'apparition en mars du nouveau coronavirus au Sénégal, qui a enregistré 315 morts, les tidianes observent une attitude prudente. La confrérie des mourides en revanche a maintenu le 7 octobre son grand rassemblement annuel, le "Magal", qui a attiré des centaines de milliers de fidèles à Touba (centre), en dépit des gestes barrières préconisés par les autorités civiles et religieuses.Pour le chef des tidianes, il faut obéir aux recommandations des médecins et "il existe 1.000 façons de rendre grâce à Dieu", a dit son porte-parole. "Une prière à l'adresse d'un malade cloué sur un lit d'hôpital peut avoir plus de bénéfices que nos propres actes de dévotion. Une pensée et un encouragement pour nos médecins, nos aides-soignants, qui depuis huit mois n'ont pas de répit, peut être une autre forme de célébrer le Maouloud", a-t-il ajouté.