Côte d'Ivoire : déploiement de forces dans le nord par crainte d'infiltration jihadiste

13 novembre 2020 à 17h52 par AFP

AFRICA RADIO

L'armée s'est déployée en force dans le nord de la Côte d'Ivoire, dans le secteur de Tengrela tout proche de la frontière malienne (900 km d'Abidjan) en raison de craintes d'une infiltration jihadiste, a appris l'AFP vendredi de sources sécuritaires et auprès d'un préfet.

De nombreux militaires lourdement armés se sont déployés dans et autour de la ville alors que des patrouilles vont et viennent. Un avion militaire survole aussi la zone, selon plusieurs témoins. "Les autorités maliennes ont informé les autorités ivoiriennes que des jihadistes" se seraient "infiltrés" en Côte d'Ivoire et seraient "prêts à agir", a affirmé à l'AFP une source sécuritaire à Tengrela.Une autre source sécuritaire à Abidjan a affirmé que les autorités "prenaient très au sérieux cette menace et les informations venant du Mali". Joint au téléphone, le préfet de Tengrela Cyrille Ambroise Diomandé a confirmé la raison du déploiement : "Les militaires ivoiriens ont eu l'information de la menace d'attaque jihadiste donc ils sont là. A notre niveau on ne peut rien dire de plus", a-t-il dit."Les militaires sont là partout. Ils sont plus de 200 avec les cargos (camions, ndlr) et 4X4", a affirmé par téléphone à l'AFP Massandjé Traoré, conseillère municipale. La Côte d'Ivoire, qui avait été épargnée ces dernières années par les groupes jihadistes frappant durement les pays voisins (Burkina Faso, Mali et Niger), a essuyé en juin une attaque surprise à Kafolo (nord), dans laquelle 14 soldats ont été tués.C'était la deuxième action jihadiste dans le pays après l'attentat de Grand Bassam en 2016 (19 morts)."Nous avons renforcé la protection militaire à nos frontières", avait affirmé le président Alassane Ouattara à l'AFP fin octobre, avant sa réélection, évoquant des actions dans "le domaine du renseignement et l'acquisition d'outils technologiques". "Nous avons nettoyé la zone (de Kafolo), nous sommes prêts à faire face à toute menace éventuelle", avait-il assuré.