Côte d'Ivoire: Gbagbo dit qu'il faut "panser les plaies du pays"

2 mai 2011 à 10h37 par La rédaction

KORHOGO (Côte d'Ivoire) (AFP)

L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo a "insisté pour dire qu'il fallait panser les plaies" de la Côte d'Ivoire, a déclaré lundi à la presse l'archevêque sud-africain Desmond Tutu, après avoir rencontré M. Gbagbo à Korhogo (nord), dans sa résidence surveillée.

"Nous avons eu un échange bref mais chaleureux, nous avons été heureux de constater que l'ancien président (Laurent Gbagbo) a exprimé le désir de voir le pays retourner à une situation normale", a déclaré Mgr Tutu, après avoir rencontré le président déchu pendant 45 mn.

L'archevêque était avec l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan et l'ancienne présidente d'Irlande et ex-Haut commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Mary Robinson.

"Dans son intervention, (M.Gbagbo) a insisté pour dire qu'il fallait penser les plaies du pays.C'est ce que nous sommes venu encourager.Comme vous l'avez vu, il a l'air en bonne sante, il nous l'a dit lui-même.Il a l'air détendu et il a demandé une bible", a ajouté le prix Nobel de la Paix.

Il s'agit de la première visite connue d'officiels auprès de M. Gbagbo depuis qu'il est en résidence surveillée à Korhogo.

Vêtu d'une chemise bleu et d'un pantalon noir, souriant, l'ex-président a serré la main des trois membres du groupe dit des Elders (Anciens) et leur a dit "merci d'être venus", a constaté un journaliste de l'AFP, alors que la presse avait été autorisée à assister au tout début de la rencontre.

Arrêté le 11 avril dans sa résidence présidentielle à Abidjan, M. Gbagbo a été transféré le 13 avril à Korhogo, où il est depuis en résidence surveillée.

Sa femme a pour sa part été transférée le 22 avril à Odienné (nord-ouest).

Les auditions par la justice ivoirienne de l'ex-chef d'Etat, de son épouse et de quelque 200 anciens responsables de son régime assignés à résidence à travers le pays, doivent débuter mercredi.

M. Gbagbo est notamment accusé d'être responsable d'exactions, de concussion et d'appels à la haine.

Près de 3.000 personnes ont été tuées lors des plus de quatre mois de crise et de combats en Côte d'Ivoire, selon les autorités.Les Nations unies font état de plus de 1.000 morts.