Côte d'Ivoire: hommage national aux victimes de l'attaque jihadiste

02 juillet 2020 à 14h16 Par AFP
La Côte d'Ivoire a rendu hommage jeudi aux 14 soldats tués dans l'attaque jihadiste dans la nuit du 10 au 11 juin lors d'une cérémonie dans un camp militaire d'Abidjan retransmise en direct à la télévision nationale, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bilan état jusqu'ici de 13 décès mais un 14e homme est mort des suites de ses blessures, a expliqué un porte-parole à l'AFP, établissant donc un nouveau bilan de 14 morts (13 militaires et un gendarme) et 5 blessés. Les 14 soldats dont les cercueils étaient recouverts du drapeau ivoirien ont été faits Chevaliers de l'ordre national à titre posthume en présence des familles, du président Alassane Ouattara et de plusieurs ministres et officiels dont le commandant des forces françaises en Côte d'Ivoire, le colonel Frédéric Gauthier. "Ils ont consenti le sacrifice suprême pour protéger la Côte d'Ivoire de la barbarie de ceux qui tels des vampires n'aspirent qu'à s'abreuver de sang (...) Mourir pour la Côte d'Ivoire, c'est vivre à jamais dans les coeurs des Ivoiriens", a affirmé le général Aly Justin Dem, chef d'état-major de l'armée de terre, lors d'une oraison funèbre conclue dans l'émotion par "Frères d'armes, Adieu! Adieu! Adieu!". "C'est une tristesse. Il a combattu pour sa patrie. Les jihadistes sont allés les trouver (le 11 juin) à 01h45 et ils ont commencé à tirer", explique à l'AFP, inconsolable, Fatou Fofana, veuve du maréchal des Logis Arouna Berthet. "Mon mari s'est sacrifié pour la patrie. On n'y peut rien, c'est Dieu qui l'a voulu. On va essayer de surmonter ça", a affirmé de sôté Salimata Doumbia, veuve du maréchal des Logis Lansine Bamba. Selon les autorités, une trentaine de personnes dont le chef du commando ont été arrêtées après l'attaque. L'attaque de Kafolo, attribuée aux jihadistes mais non revendiquée jusqu'à présent, est la première action jihadiste meurtrière sur le sol ivoirien depuis l'attentat de Grand Bassam en 2016 (19 morts). De source sécuritaire, elle est l'oeuvre de combattants du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance du Sahel affiliée à Al-Qaïda. Cette attaque est considérée comme une action de représailles à une opération militaire conjointe de la Côte d'Ivoire et du Burkina, en mai, pour déloger des jihadistes installés dans le nord de la Côte d'Ivoire. "Nous sentons la pression de l'infiltration de certains groupes qui veulent semer la terreur", a affirmé récemment le ministre de la Défense Hamed Bakayoko, qui ne s'est pas exprimé ors de la cérémonie: "Nous travaillons à renforcer nos moyens dans le Nord". Le Burkina et le Mali voisins sont en proie à des attaques jihadistes récurrentes et la Côte d'Ivoire a à maintes reprises exprimé sa volonté de ne pas voir des jihadistes s'installer dans le pays.