Côte d'Ivoire: la Cédéao, en sommet, prépare une déclaration

24 mars 2011 à 11h04 par La rédaction

ABUJA (AFP)

Les dirigeants ouest-africains, réunis en sommet à Abuja, doivent publier jeudi une déclaration sur la Côte d'Ivoire, trois mois après avoir menacé de déloger Laurent Gbagbo par la force et alors que des milliers de personnes fuient les combats.

Mercredi, au premier jour de cette réunion de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 pays), les chefs d'Etat et de gouvernement ont étudié la possibilité de demander à l'ONU d'aller plus loin dans sa réponse aux troubles en Côte d'Ivoire, où l'on craint une guerre civile.

"Je pense que nous pouvons adopter une résolution pour demander à l'ONU de prendre des mesures un peu plus sérieuses concernant la situation en Côte d'Ivoire", a déclaré le chef de l'Etat nigérian Goodluck Jonathan, président en exercice de la Cédéao.

Les participants au sommet ordinaire de deux jours consacré en partie à cette crise, se sont à nouveau réunis jeudi en milieu de matinée dans un grand hôtel de la capitale fédérale du Nigeria pour une session fermée à la presse. Des délégués ont indiqué mercredi à l'AFP qu'une déclaration finale sur la Côte d'Ivoire serait publiée dans la journée.

 Soulignant "l'engagement et la détermination collective" de la Cédéao pour mettre fin à la crise post-électorale, Goodluck Jonathan a dit mercredi espérer que cela serait possible "sans faire usage de la force légitime".

Près de 440 personnes sont mortes dans des violences suite à l'élection du 28 novembre 2010 et des centaines de milliers ont fui leur domicile, selon l'ONU.

Il y a trois mois, les dirigeants ouest-africains ont menacé de chasser du pouvoir le président sortant Laurent Gbagbo par la force, s'il s'obstinait à refuser de céder la place à Alassane Ouattara, reconnu vainqueur par la quasi-totalité de la communauté internationale. M.Ggagbo occupe toujours la présidence et mercredi, des témoins ont fait état de la fuite vers l'est de milliers de personnes, pour échapper à des combats opposant les forces loyales à M. Gbagbo à des troupes pro-Ouattara, dans l'ouest du pays.

Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a jugé "très préoccupants" les développements des dernières semaines, dans un message lu en son nom au sommet mercredi.Il a ajouté que l'UA était sur le point de nommer "un représentant de haut niveau" pour la Côte d'Ivoire.

L'option militaire dans ce pays semble pour l'heure écartée par la Cédéao.

John Shinkaiye, directeur de cabinet de Jean Ping, a rappelé mercredi à l'AFP que "la Cédéao et l'UA sont d'accord pour que la force soit notre dernier recours, après que toutes les voies pacifiques ont échoué". Alex Vines, directeur du programme Afrique de l'institut britannique Chatham House, n'envisage pas non plus à ce stade une intervention armée de la Cédéao et souligne que l'ONU "ne peut pas faire grand chose de plus".

"Nous n'allons pas voir une situation similaire à la Libye, avec des zones d'exclusion aérienne etc", a-t-il estimé."Ca n'est pas une bonne nouvelle pour l'Ivoirien moyen", a jugé M. Vines, mettant en garde contre "un danger réel que cela se transforme en une guerre civile".

Les présidents Boni Yayi (Bénin), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Ellen Johnson Sirleaf (Libéria), Amadou Toumani Touré (Mali), Abdoulaye Wade (Sénégal), Ernest Koroma (Sierra Léone)