Côte d'Ivoire: la Cédéao refuse tout compromis, Gbagbo doit "quitter" le pouvoir"

24 décembre 2010 à 12h43 par La rédaction

ABUJA (AFP)

Les pays de la Cédéao ne souhaitent aucun compromis avec le président sortant Laurent Gbagbo qui doit "quitter" le pouvoir en Côte d'Ivoire où aucun gouvernement d'union nationale n'est envisageable, a déclaré vendredi le chef de la diplomatie nigériane.  

"La question du compromis n'est pas sur la table", a déclaré Odein Ajumogobia à Abuja avant l'ouverture d'un sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 pays) consacré à la grave crise politique en Côte d'Ivoire.

"Quelque chose qui ressemble à un gouvernement d'union nationale comme ce qui existe au Kenya ou au Zimbabwe ne sera pas sur la table" des négociations, a-t-il ajouté.

"Nous sommes déterminés à voir Gbagbo quitter le pouvoir", a souligné le ministre nigérian, dont le pays assure la présidence tournante de la Cédéao.

Les participants au sommet "veulent considérer quelles sont les options il y a, pour lui (Gbagbo), pour quitter le pouvoir de son propre chef", a-t-il précisé.

Le ministre nigérian a affirmé que tous les chefs d'Etat et de gouvernement de l'organisation régionale devaient participer au sommet, à l'exception des présidents malien et gambien, qui seront toutefois représentés.

Les dirigeants de la Cédéao s'étaient déjà rencontrés le 7 décembre et avaient suspendu la participation à cette organisation de la Côte d'Ivoire.

Deux rivaux, le président sortant Gbagbo et Alassane Ouattara se disputent la présidence depuis le scrutin du 28 novembre.La communauté internationale a reconnu M. Ouattara comme seul président.

Mais M. Gbagbo refuse de céder le pouvoir en dépit des appels de la communauté internationale, notamment les Etats-Unis, l'Union européenne et l'Union africaine.

Le camp d'Alassane Ouattara espère que l'organisation régionale de la Cédéao se prononcera vendredi sur une option militaire pour chasser du pouvoir M. Gbagbo, selon un de ses porte-parole.

La ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, a de son côté estimé vendredi que le président sortant avait encore droit à une "sortie honorable", mais a prévenu que cette perspective s'éloignerait si les violences se poursuivent.