Côte d'Ivoire: le HCR craint des déplacements de très grande envergure

15 février 2011 à 15h21 par La rédaction

GENEVE (AFP)

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a indiqué mardi craindre des déplacements de population "massifs" en Côte d'Ivoire si le pays ne sort pas l'impasse politique.

"Le HCR reste préoccupé par l'impasse politique qui suscite une peur généralisée et qui, si elle n'est pas résolue, pourrait conduire à un déplacement massif", a expliqué une porte-parole de l'organisation, Melissa Flemming, lors d'un point presse.

Pour l'instant, le HCR a enregistré 38.600 déplacés par les violences en Côte d'Ivoire."Il s'agit de déplacements locaux dans l'ouest du pays", a précisé Mme Flemming.

Pour répondre aux besoins humanitaires, le HCR a démarré lundi à Duékoué (ouest) la construction d'un premier camp qui permettra d'accueillir 6.000 personnes.

Il permettra de soulager la mission catholique de Duékoué où des milliers de personnes avaient trouvé refuge.

Environ 8.600 autres déplacés ont également pu être logés pour l'instant chez des familles d'accueil dans les districts de Duékoué, Danané, Bin-Houyé et Zouan-Hounien selon le HCR.L'agence onusienne tente toutefois d'identifier des lieux adaptés pour construire de nouveaux camps dans cette région de Côte d'Ivoire.

Depuis le scrutin du 28 novembre, le pays est déchiré entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, reconnu président élu par la communauté internationale, qui presse en vain le sortant de céder le pouvoir.Selon le dernier décompte de l'ONU, 296 personnes sont mortes depuis la mi-décembre dans des violences.

"Certaines personnes déplacées à l'ouest ont fait état de violences physiques et sexuelles, ainsi que de détention arbitraire par des groupes armés agissant en toute impunité", a indiqué Mme Flemming, précisant que ces attaques étaient commises par les deux bords.

Une autre porte-parole du HCR, Fatoumata Lejeune-Kaba, a expliqué à l'AFP que ces violences avaient eu lieu "entre fin décembre et début janvier".

Mais "la peur de représailles combinée à l'absence et la paralysie des institutions judiciaires ont empêché de nombreuses personnes de déclarer ces abus" aux autorités, a souligné Mme Flemming.

Le HCR a par ailleurs enregistré 36.318 réfugiés Ivoiriens au Liberia.