Côte d'Ivoire : le PDCI dénonce une "dérive autoritaire du gouvernement"

Par AFP

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Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) a condamné jeudi dans une déclaration virulente "la dérive autoritaire du gouvernement", après la révocation par le pouvoir du maire d'une des communes d'Abidjan, un des barons de ce parti.

A deux mois des élections locales et à deux ans de la présidentielle, la fracture se creuse entre les deux grands partis de la coalition au pouvoir, le PDCI de Henri Konan Bédié (président de 1993 à 1999) et le Rassemblement des Républicains (RDR) du chef de l'Etat Alassane Ouattara, en désaccord sur la formation d'un "parti unifié".La révocation mercredi de Noël Akossi Bendjo, maire du Plateau (le quartier administratif et des affaires d'Abidjan) et proche de M. Bédié, est "une affaire politique", s'inscrivant "dans une série qui cible les élus et les cadres militants" du PDCI, a déclaré à la presse le porte-parole du parti Narcisse Kouadio N'dri, au sortir d'une réunion d'urgence des responsables de cette formation."Le PDCI condamne la dérive autoritaire du gouvernement qui tend à mettre en péril le droit et les libertés en Côte d'Ivoire", et lui "demande de mettre fin immédiatement aux enquêtes et aux poursuites ciblées", a déclaré le porte-parole.Le PDCI va alerter les chancelleries étrangères "sur les menaces qui pèsent sur la paix et la cohésion sociale en Côte d'Ivoire", et il appelle ses militants à "demeurer mobilisés" "pour les actions à venir", a conclu le porte-parole.M. Kouadio N'dri s'est exprimé depuis la résidence de M. Bédié à Abidjan, entouré du numéro deux du PDCI Maurice Kouakou Guikahué et de Jean-Louis Billon, ancien ministre lui-même récemment suspendu de ses fonctions de président du Conseil régional du Hambol (centre) par le gouvernement. M. Bédié a présidé la réunion de crise mais n'est pas apparu devant la presse.Révoqué pour "des détournements de fonds portant sur plusieurs millions d'euros", selon le gouvernement, le maire du Plateau a rejeté jeudi ces accusations, y voyant une "dérive totalitaire" du régime. "Cette décision (de révocation) ne nous surprend pas, elle était annoncée depuis notre refus de cautionner l'inféodation du PDCI, à travers un parti supposé unifié", a-t-il déclaré dans un communiqué.La direction du PDCI refuse de rejoindre le parti unifié voulu par le président Ouattara avant les prochaines élections, faute d'un accord sur une candidature unique, issue du PDCI, pour la présidentielle. Mais certains cadres du PDCI, dont une douzaine de ministres, ont accepté d'adhérer au nouveau mouvement, divisant le parti.