Côte d'Ivoire: libération d'un responsable de la société civile après 24 heures de détention

Par AFP

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Le responsable de la société civile en Côte d'Ivoire, Samba David, arrêté la veille pour avoir appelé à une manifestation devant la Commission électorale indépendante (CEI), chargée de la présidentielle de 2020, a été libéré mercredi soir, a annoncé l'intéressé.

"Troubles à l'ordre public et atteinte à la sûreté de l'Etat (...) sont les charges qui ont été retenues contre nous à la préfecture de police", a expliqué Samba David, dont le projet était de s'opposer contre une CEI ayant fait récemment l'objet d'une réforme controversée.M. David affirme avoir été "séquestré pendant près de 48 heures" en compagnie de quatre membres de sa délégation, en même temps qu'un journaliste du quotidien ivoirien Letemps (proche de l'opposition) Marcel Dezogno, venu pour couvrir la rencontre avec des responsables de la CEI.Samba David avait été condamné en 2015, à six mois de prison ferme pour avoir appelé à des marches de protestation contre la candidature de M. Ouattara à la présidentielle. Il avait été libéré au bout de trois ans d'emprisonnement.Vendredi, le Parlement ivoirien a voté en commission la loi sur la recomposition de la CEI, dernière étape avant son adoption en plénière qui ne fait presque aucun doute le pouvoir ayant la majorité absolue.La nouvelle CEI doit comprendre 15 membres, contre 17 auparavant: un représentant du président de la République, un du ministre de l'Intérieur, six de la société civile, six des partis politiques - équitablement répartis entre le pouvoir et l'opposition - et un représentant du Conseil supérieur de la magistrature. L'opposition estime que la nomination des membres de la société civile par l'administration ne présente pas de garanties d'indépendance et estime que la commission sera "inféodée" au pouvoir. La Cour africaine des droits de l'homme avait rendu en 2016 un arrêt enjoignant au gouvernement ivoirien de réformer la commission.La crédibilité de la CEI est jugée cruciale en vue de la présidentielle de 2020 qui s'annonce tendue, dix ans après la crise post-électorale ivoirienne. Celle-ci avait fait plus de 3.000 morts après le refus du président Laurent Gbagbo d'admettre sa défaite face à l'actuel chef de l'Etat, M. Ouattara.