Côte d'Ivoire: liberté provisoire pour trois pro-Gbagbo, dont deux journalistes

Par La rédaction

ABIDJAN (AFP) - (AFP)

Trois personnalités du camp de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, son médecin et deux journalistes, incarcérées après la crise postélectorale de 2010-2011, ont obtenu vendredi leur mise en liberté provisoire, a-t-on appris de source judiciaire.

"L'ordre de mise en liberté provisoire vient d'être signé" pour les journalistes Hermann Aboa et Franck Anderson Kouassi ainsi que pour Christophe Blé, médecin personnel de M. Gbagbo, a indiqué à l'AFP cette source.

Franck Anderson Kouassi était président du Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA), ancien organe de régulation des médias audiovisuels ivoiriens.

Hermann Aboa animait une émission, "Raison d'Etat", qui fut l'une des tribunes les plus virulentes du camp Gbagbo sur la télévision publique RTI durant la meurtrière crise post-électorale de novembre 2010-avril 2011.

Le docteur Blé avait été placé en détention avec l'ex-chef de l'Etat à Korhogo (nord) après l'arrestation de ce dernier le 11 avril.

Laurent Gbagbo a été transféré le 30 novembre à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, qui le soupçonne de crimes contre l'humanité commis durant la crise.

Dans un communiqué, Reporters sans frontières (RSF) a exprimé sa "satisfaction" après la libération d'Hermann Aboa, que l'organisation de défense de la presse réclamait depuis son arrestation en juillet.

"Il était anormal de le maintenir sous les verrous, alors que la loi sur la presse en vigueur en Côte d'Ivoire dépénalise les délits de presse", a souligné RSF.

A sa sortie de la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca), la prison de la capitale économique ivoirienne, le journaliste s'est dit heureux d'être "enfin libre" et a remercié ceux qui lui ont apporté leur soutien.

"Nous sommes tout heureux pour ces trois personnes, mais nous attendons encore parce que nous avons déposé 20 demandes de mise en liberté provisoire devant le juge d'instruction: il en reste encore 17", a déclaré à l'AFP Me Hervé Gouaméné, l'un des avocats des détenus pro-Gbagbo.

Avant que ne soit accordée vendredi la liberté provisoire à ces trois détenus, la chambre d'accusation de la cour d'appel d'Abidjan avait rejeté les 22 et 28 décembre leurs demandes ainsi que celles de 17 personnalités, parmi lesquelles l'ex-Première dame Simone Gbagbo, l'ancien Premier ministre Gilbert Aké N'Gbo et plusieurs ex-ministres.

Les 20 personnes sont inculpées d'atteinte à la sûreté de l'Etat ou d'infractions économiques.

Le 9 novembre, 20 autres civils du camp Gbagbo, mais aucun poids lourd, avaient été libérés.

Le général Georges Guiai Bi Poin, qui fut l'un des hommes forts du régime déchu, a obtenu mardi la liberté provisoire.Plusieurs dizaines de militaires pro-Gbagbo sont toujours en prison.

Née du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010, la crise postélectorale a fait quelque 3.000 morts.