Côte d'Ivoire: mandats d'arrêt contre Blé Goudé et d'autres pro-Gbagbo

Par La rédaction

ABIDJAN (AFP) - (AFP)

Des mandats d'arrêt internationaux ont été délivrés par la justice ivoirienne contre Charles Blé Goudé, figure de proue du régime déchu de Laurent Gbagbo, et d'autres proches de l'ex-président, a annoncé vendredi le procureur d'Abidjan.

"Des mandats d'arrêt ont été décernés contre des suspects en fuite", notamment Charles Blé Goudé, chef des "patriotes" pro-Gbagbo, et Ahoua Don Mello, ancien porte-parole du gouvernement, a indiqué le procureur Simplice Kouadio Koffi lors d'une conférence de presse.

L'ex-ministre de l'Industrie Philippe Attey et l'ancien ambassadeur de Côte d'Ivoire en Israël, Raymond Koudou Kessié, sont également visés.

"Le juge d'instruction sait très bien où ces personnes se trouvent", a assuré le procureur, sans plus de précision.

Sous sanctions de l'ONU depuis 2006, Charles Blé Goudé est régulièrement donné au Bénin ou au Ghana, lieu d'exil de nombreuses personnalités du régime déchu.

Ex-ministre de la Jeunesse de M. Gbagbo et chef des "jeunes patriotes", il a été en première ligne durant la crise post-électorale de novembre à avril, appelant les siens à la mobilisation contre le camp d'Alassane Ouattara, investi président le 21 mai, la France et l'ONU.

Les personnes visées par des mandats d'arrêt sont recherchées dans le cadre de l'information judiciaire ouverte pour "vol aggravé, détournement de deniers publics, pillage, concussion et atteinte à l'économie publique".

Quinze personnes ont déjà été inculpées et placées en détention préventive la semaine dernière pour ces faits, ainsi que pour "attentat contre l'autorité de l'Etat, constitution de bandes armées", "rébellion", "tribalisme et xénophobie", a rappelé Simplice Kouadio Koffi.

Ces derniers jours, six autres personnes ont été inculpées et écrouées pour les chefs d'accusation relevant de l'"atteinte à la sûreté de l'Etat", a-t-il souligné.

Laurent Gbagbo a été arrêté le 11 avril après plus de quatre mois de crise née de son refus de reconnaître sa défaite à la présidentielle du 28 novembre 2010, et à l'issue de dix jours de guerre dans Abidjan.

Il est actuellement en résidence surveillée dans le Nord, comme son épouse Simone Gbagbo et 13 autres proches.

Quelque 3.000 personnes ont trouvé la mort durant la pire crise de l'histoire du pays.