Côte d'Ivoire: reprise du procès de Simone Gbagbo, des proches de victimes manifestent

29 décembre 2014 à 14h11 par La rédaction

Abidjan (AFP)

Le procès de l'ex-Première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, accusée d'"atteinte à la sûreté de l'Etat", a repris lundi à Abidjan, tandis que des proches de victimes de la crise postélectorale meurtrière de 2010-2011 réclamaient "justice".

Surnommée "la dame de fer", Simone Gbagbo, 65 ans, épouse de l'ex-président Laurent Gbagbo, est jugée aux côtés de 82 dignitaires de l'ancien régime.Le procès, qui se tient à moins d'un an de la présidentielle d'octobre 2015, a démarré vendredi dernier.

Trente minutes après la réouverture du procès lundi au tribunal d'Abidjan-Plateau, le président de la Cour d'assises, Taïrou Dembélé, a suspendu l'audience, sur insistance de la défense.

Les avocats ont en effet soulevé une "exception" sur "l'irrégularité" de la cour, arguant que l'ordonnance de désignation est arrivée à expiration il y a trois mois.

Il n'était pas possible dans l'immédiat de savoir quand reprendrait le procès.

L'audience avait débuté par l'appel nominatif des accusés, dont Simone Gbagbo.

Assise dans le box des accusés, l'ex-Première dame, vêtue d'un ensemble de couleur jaune, prenait des notes, lunettes sur le nez.

Peu avant la reprise du procès, plusieurs dizaines de proches de victimes présentes au palais de justice ont manifesté bruyamment. 

"Réclamons justice", "Simone Gbagbo, marraine des escadrons de la mort en Côte d'Ivoire", pouvait-on lire sur des pancartes brandies notamment par des femmes.

Les familles de victimes "réclament justice immédiate et ne veulent pas que le procès de Simone soit différé", elles exigent "qu'elle soit jugée pour crimes contre l'humanité et non pour atteinte à la sûreté de l'Etat", a expliqué à l'AFP Issiaka Diaby, président du Collectif des victimes de Côte d'Ivoire.

Le procès en cours ne couvre pas les "crimes de sang" dont sont accusés les prévenus.

Tout comme son époux, Simone Gbagbo est accusée par la Cour pénale internationale (CPI) de "crimes contre l'humanité" commis durant la crise postélectorale.

Mais, à la différence de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé (ancien chef du mouvement des "jeunes patriotes" pro-Gbagbo), détenus à La Haye, Abidjan refuse le transfèrement de l'ex-Première dame, arguant que sa justice est en mesure d'organiser un procès équitable.

La crise de 2010-2011 avait fait quelque 3.000 morts, après le refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle face à Alassane Ouattara, candidat à sa succession lors de l'élection prévue en octobre 2015.