Côte d'Ivoire: un leader pro-Gbagbo appelle à manifester le 29 décembre

23 décembre 2010 à 19h51 par La rédaction

ABIDJAN (AFP)

Le ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé, un des plus fervents partisans de Laurent Gbagbo, président sortant de Côte d'Ivoire, a appelé jeudi à une manifestation "pacifique" le 29 décembre à Abidjan.

"Pour que le droit soit dit, pour que nos institutions soient respectées, j'appelle tous les jeunes ivoiriens, tous les démocrates d'Afrique, à nous rejoindre Place de la République mercredi 29 décembre dès 08H00" (locales et GMT), a déclaré à la presse M. Blé Goudé, qui est leader des "jeunes patriotes".

La place de la République est l'une des plus grandes d'Abidjan et peut contenir de 100.000 à 200.000 personnes.

"Nous viendrons de blanc vêtus, pour essayer de démontrer aux gens que la majorité des Ivoiriens veulent qu'on laisse la Côte d'Ivoire travailler", a ajouté Charles Ble Goudé, promettant "une manifestation pacifique".

Il a entamé depuis le 18 décembre une tournée dans les quartiers de la capitale économique ivoirienne pour haranguer ses partisans et les inviter à se "tenir prêts" à se battre "pour la diginité et la souveraineté" de son pays.

Réagissant aux sanctions et menaces de la communauté internationale qui considère dans sa quasi-totalité Alassane Ouattara, rival de M. Gbagbo, comme président élu de Côte d'Ivoire, Charles Blé Goudé a appelé "à la raison et à la retenue".

Il s'est également adressé à la Communauté économique des Etats d''Afrique de l'Ouest (Cédeao) qui a suspendu la Côte d'Ivoire début décembre et dont un sommet extraordinaire sur la situation dans ce pays est prévu vendredi à Abuja.

"Quand on est dans une union on doit aider à résoudre les crises de manière pacifique, la voie militaire est dangeureuse", a-t-il dit, affirmant que si la Cédéao décidait d'envoyer des troupes, "les Ivoiriens seront vraiment debout".Selon lui, ce serait "une voie suicidaire pas bonne pour l'Afrique".

Surnommé "ministre de la rue", M. Blé Goudé fut le fer de lance des manifestations pro-Gbagbo et antifrançaises aux temps forts de la crise ouverte par le coup d'Etat manqué de 2002, dont certaines ont basculé dans la violence et les pillages.