Côte d'Ivoire: un manifeste pour sensibiliser à la protection du patrimoine

Par AFP

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Le célèbre musée des civilisations d'Abidjan, pillé lors de la crise post-électorale en 2011, a lancé jeudi un "manifeste de la collection fantôme" destiné à sensibiliser à la protection du patrimoine et dire "non à la culture du vide", a constaté un journaliste de l'AFP.

Ce manifeste va être distribué dans chacune des 31 régions et les deux district autonomes en Côte d'Ivoire afin d'être signés par les autorités mais aussi les particuliers. "En signant ce manifeste, je m'engage à protéger le patrimoine de mon pays et à refuser que les trésors nationaux tombent dans l'oubli", conclut le texte qui veut rappeler l'existence de la collection disparue. "Mars 2011, en pleine crise post-électorale (...) le Musée des Civilisations est pillé. Cent vingt et une (121) pièces uniques sont volées parmi lesquelles des pendentifs en or, des colliers du 17ème siècle, des poids à peser l'or, des textiles, des insignes royaux mais aussi des masques. Des pans entiers de l'histoire des peuples s'effacent dans un silence, amputant les mémoires de traditions, d'esthétiques et de visions du monde essentielles à tous", selon les termes du manifeste. "En faisant de cette collection disparue, une Collection Fantôme, nous pouvons refuser de la laisser mourir et ainsi agir pour que ces objets perdus restent dans les consciences et participent d'une sensibilisation générale. Par la recherche, l'art, l'imaginaire, et la simple addition de nos voix, disons +non à la culture du vide+", selon le texte."Nous voulons jouer au niveau des comportements: amener les uns et les autres à prendre conscience que le patrimoine est important et qu'il faut le préserver", explique Silvie Memel Kassi, directrice du musée des civilisations."La question du trafic illicite ne concerne pas seulement ceux qu'on pointe habituellement du doigt (marchands occidentaux). La responsabilité est partagée. Il y a des facteurs endogènes: corruption pauvreté... ce sont ces facteurs qui nous emmènent vers le trafic", dit-elle. Le musée va organiser en 2019 une exposition "Collection fantôme avec des photographies, des pièces similaires aux pièces disparues ainsi que des travaux d'élèves d'Abidjan et d'Evry (banlieue parisienne) qui ont travaillé sur le sujet."Il y aura aussi des vitrines vides pour bien montrer que les pièces sont manquantes", précise Mme Memel Kassi.Le musée complètement rénové après deux ans de fermeture a rouvert ses portes en 2017.