Côte d'Ivoire: un responsable de l'opposition écroué dans une affaire de cyber-fausses nouvelles

Par AFP

AFRICA RADIO

Le secrétaire général de la plateforme d'opposition ivoirienne EDS, Etienne Daïpo N'Ponon, a été arrêté et écroué lundi dans le cadre d'une affaire de diffusion de fausses nouvelles par internet, a annoncé le procureur d'Abidjan dans un communiqué transmis mercredi à l'AFP.

La justice ivoirienne accuse M. N'Ponon de complicité avec un cyber-activiste arrêté le 7 mai, qui avait appelé début avril à la destruction d'un centre de lutte contre le coronavirus en cours de construction dans un quartier populaire d'Abidjan, entraînant une violente émeute, selon le communiqué daté de mardi.Ce cyber-activiste, François Ebiba Yapo, qui agissait sur les réseaux sociaux sous le profil de "Serge Koffi Le Drone", a été inculpé d'"atteinte à la défense nationale et troubles à l'ordre public" après "plusieurs publications sur les réseaux sociaux de nouvelles fausses", selon le communiqué du procureur de la république d'Abidjan Richard Adou.Selon ce dernier, M. Yapo a "avoué qu'il publiait certaines fausses nouvelles dont il n'était pas l'auteur mais qu'il recevait de certains personnes". Les investigations pour rechercher ses complices "ont conduit à l'interpellation" de M. N'Ponon, explique le procureur.Les chefs d'accusations contre M. N'Ponon, inculpé et placé sous mandat de dépôt, ne sont pas précisés. Armand Ouegnin, président d'Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), coalition politico-syndicale proche du Front populaire ivoirien (FPI) de l'ex-président Laurent Gbagbo, a confirmé à l'AFP que son collaborateur était écroué à la prison d'Abidjan depuis lundi. Il a dénoncé "une nouvelle manoeuvre d'intimidation contre l'opposition à l'approche des élections"."Je m'insurge contre ces accusations, c'est une injustice !" a déclaré M. Ouegnin, qui exige la "libération immédiate" de son secrétaire général."Hier c'était Assoa Adou, demain ce sera qui ? Il faut que ça s'arrête", a-t-il poursuivi. Fin mars et début avril, le secrétaire général du FPI Assoa Adou avait été convoqué deux fois par la police.Le climat politique est tendu en Côte d'Ivoire à cinq mois de l'élection présidentielle prévue fin octobre. Les élections locales fin 2018 avaient été marquées par des violences et des fraudes.