Côte d'Ivoire : un scrutin sous haute tension

1er décembre 2010 à 9h38 par La rédaction

Alors que l'heure de la proclamation des résultats de l'élection présidentielle Ivoirienne approche, retour sur l'événement le plus spectaculaire de ces dernières heures. Hier, alors que le porte-parole de la CEI s'apprétait à annoncer les résultats provisoires du second tour de l'élection, un membre de la commission, proche du président Gbagbo, lui a arraché des mains la feuille de résultats.L'homme en question, Damana Adia Pickass, a accordé une interview à Jeune Afrique dans laquelle il revient sur les raisons qui l'ont poussé à agir ainsi.Damana Pickass : "Le mode opératoire de la CEI a été violé"Commissaire de la Commission électorale indépendante (CEI) représentant le camp de Laurent Gbagbo, Damana Adia Pickass a physiquement empêché, mardi en début de soirée, le porte-parole de l'institution, Bamba Yacouba, de proclamer les résultats provisoires de l'élection présidentielle dans plusieurs régions. Il s'explique sur son geste dans une interview exclusive à jeuneafrique.com.Jeuneafrique.com : Vous êtes intervenus physiquement pour arrêter la proclamation d'une partie des résultats provisoires par le porte-parole de la CEI, Bamba Yacouba. Pourquoi ?Damana Adia Pickass : Je suis venu simplement pour mettre fin à une pratique qui devenait courante à la CEI. Une institution ne vaut que par ses règles qui la régissent. Or le mode opératoire pour la proclamation des résultats à la CEI a été violé. Il était important que nous puissions le signaler et interpeller non seulement les membres de la Commission centrale, mais aussi l'opinion nationale et internationale. Notre volonté n'est pas d'empêcher la proclamation des résultats.De quelle manière le mode opératoire de proclamation des résultats a-t-il été violé ?Nous travaillons de façon consensuelle. Quand le superviseur d'une région arrive, il fait d'abord consolider son travail (les résultats de sa localité) par la Commission centrale. C'est à l'issue de cette consolidation que le scrutin est validé dans cette localité et que le porte parole de la CEI est autorisé à rendre les résultats publics. Dans le cas d'espèce, nous avons effectivement travaillé sur un certain nombre de localités qui ont été validées, tandis que d'autres n'ont pas fait l'objet d'un consensus. Il y avait des divergences. Nous souhaitions que sur ces localités, la réflexion soit approfondie avant de donner un verdict final.De plus, nous n'avons pas été informés auparavant de la proclamation de ces différents résultats. La veille, un coup similaire avait été orchestré par les mêmes individus en ce qui concerne la proclamation des résultats de la diaspora, qui s'est faite à l'insu de la Commission centrale et au mépris des règles fixées.Quelles sont ces localités qui vous posent problème ?En fait, toutes les régions CNO [Centre-Nord-Ouest, contrôlées par les Forces nouvelles, NDLR] posent problème. Tous les rapports que nous avons ont signalé que la procédure de vote n'a été ni sincère ni transparente. �? partir de ce moment, nous demandons aux superviseurs de nous faire un rapport sur l'environnement qui a prévalu dans ces zones.