Côte d'Ivoire: verdict renvoyé à lundi pour trois journalistes emprisonnés à Abidjan

22 juillet 2010 à 4h16 par La rédaction

ABIDJAN (AFP)

Le tribunal correctionnel d'Abidjan a renvoyé mercredi au lundi 26 juillet son verdict pour trois journalistes, dont un Français, écroués à la suite de la publication des conclusions d'une enquête judiciaire sur des malversations présumées dans la filière cacao ivoirienne.

Le parquet avait requis lundi une peine de 12 mois de prison ferme.

Le Français Théophile Kouamouo, directeur des rédactions du journal ivoirien Le Nouveau courrier, ainsi que les Ivoiriens Stéphane Guédé et Saint Claver Oula, directeur de publication et rédacteur en chef, ont été écroués le 16 juillet à Abidjan.

Inculpés de "vol de document administratif", "diffusion d'information sur un dossier judiciaire non encore évoqué à l'audience publique" et "révélation d'un document couvert par le secret", les trois hommes sont arrivés menottés dans la salle d'audience.

Un comité de soutien avait fait le déplacement, la plupart des membres portant des T-shirts à leur effigie sur lesquels on pouvait lire: "Liberté fragile pour le journalisme d'investigation!"

"Nous allons proroger jusqu'au 26 (juillet) le délibéré", a annoncé le juge Brahaman Koné sans préciser les raisons de ce délai, et soulevant aussitôt des cris de colère parmi la cinquantaine de personnes présentes.

"La justice ivoirienne donne d'elle aujourd'hui une image décevante", a réagi Guillaume Gbatto, secrétaire général du Syndicat national des agents de la presse privée de Côte d'Ivoire (Synapp-ci).

Mais l'avocat des prévenus, Me Hivat Tié-Bi, a assuré qu'il ne fallait "pas présager que (ce délai) leur soit défavorable".

Par ailleurs, Patrice Pohé, conseiller en communication du procureur d'Abidjan Raymond Tchimou, a été arrêté mercredi et était détenu dans la soirée dans les locaux de la police criminelle de la capitale économique ivoirienne dans le cadre de cette affaire, a-t-on appris auprès de l'interessé.

Joint par l'AFP par téléphone, ce journaliste de profession a indiqué être soupçonné d'implication dans l'affaire de "vol de document", mais a dénoncé "un montage grotesque".

Les trois journalistes du Nouveau courrier avaient été arrêtés après la publication la semaine dernière d'un long article reprenant une partie du réquisitoire, jusque-là non rendu public, du procureur Tchimou à l'issue de la sensible enquête sur la filière cacao.

Reporters sans frontières (RSF) avait exprimé mardi son inquiétude pour ces trois journalistes.