Cour pénale spéciale en RCA: des ONG demandent au Parlement d'adopter le règlement de la Cour

Par AFP

AFRICA RADIO

Une quarantaine d'ONG centrafricaines et internationales ont demandé jeudi au Parlement de RCA d'adopter la loi ratifiant le règlement de la Cour pénale spéciale (CPS), la juridiction extraordinaire qui doit juger les crimes commis en Centrafrique depuis 2003.

Les acteurs humanitaires ont plaidé en conférence de presse pour une mise en place rapide de cette Cour, alors que les violences continuent en province où les groupes armés combattent pour le contrôle des ressources et de l'influence.Le parlement centrafricain doit se prononcer sur cette loi le 28 mai. Son adoption donnerait les moyens légaux à la CPS de commencer ses enquêtes.La Cour pénale spéciale a été créée en 2015 mais n'est pas encore opérationnelle. Son procureur et ses 25 juges (nationaux et internationaux) ont été nommés en 2017, une dizaine d'officiers de police judiciaire (OPJ, chargés de mener les enquêtes) en mai, mais les enquêtes n'ont pas encore commencé.La CPS "offre une opportunité majeure de mettre fin aux cycles d'impunité qui attisent les violences" en RCA, a déclaré Me Mathias Barthélémy Morouba, président de l'Observatoire centrafricain des droits de l'homme, dans un communiqué commun aux 42 ONG."La situation financière est difficile pour la CPS", a déclaré à l'AFP Lewis Mudge, chercheur à Human Rights Watch, qui espère que "la ratification de la loi pourra aider les bailleurs à se décider".Alors que le gouvernement et la communauté internationale plaident pour le dialogue entre les groupes armés et le gouvernement, dans le cadre d'une feuille de route de l'Union africaine (UA) depuis l'été 2017, les demandes d'amnistie générale formulées par certains groupes armés inquiètent les ONG."L'amnistie est une nouvelle forme d'agression pour les droits humains. Le dialogue oui, l'impunité non", a encore indiqué à l'AFP Me Morouba.La Centrafrique est en proie depuis 2013 à des violences inter-communautaires, après le renversement la même année de l'ex-président François Bozizé par les milices de la Séléka prétendant défendre la minorité musulmane, ce qui avait entraîné une contre-offensive des milices anti-balaka majoritairement chrétiennes.Aujourd'hui, près de 700.000 personnes sont déplacées, 570.000 réfugiées à l'étranger et 2,5 millions ont besoin d'une aide humanitaire, selon l'ONU.