CPI: Le vice-Premier ministre kenyan à La Haye pour la confirmation des charges

Par La rédaction

LA HAYE (AFP) - (AFP)

Le vice-Premier ministre kényan Uhuru Kenyatta, soupçonné de crimes contre l'humanité pendant les violences post-électorales de 2007-2008, a comparu libre mercredi devant la Cour pénale internationale (CPI) pour une audience de confirmation des charges.

"Je m'appelle Uhuru Kenyatta, je suis vice-Premier ministre et ministre des Finances du Kenya", a déclaré aux juges le candidat potentiel à l'élection présidentielle de 2012, à l'ouverture de l'audience à La Haye.

Vêtu d'un costume gris foncé, d'une chemise claire et d'une cravate bleu marine, M. Kenyatta était assis devant les deux autres suspects dans ce dossier, Francis Muthaura, 64 ans, bras droit du président du Kenya Mwai Kibaki, et de Mohammed Hussein Ali, 55 ans, chef de la police à l'époque des faits.

A son arrivée à la CPI, vers 13H45(11H45 GMT), il avait assuré : "je vais bien" aux journalistes qui l'attendaient, sans aborder le fond du dossier.

"Notre devoir est de déterminer quelles affaires doivent faire l'objet d'un procès et celles qui ne le doivent pas sur la base des éléments de preuve fournis", a déclaré la juge Ekaterina Trendafilova peu après l'ouverture de l'audience.

"L'audience de confirmation des charges n'est pas un procès avant le procès ou un mini-procès", a-t-elle souligné : "les suspects sont considérés innocents jusqu'à preuve du contraire".

Les trois hommes, libres, sont soupçonnés de cinq chefs de crimes contre l'humanité, dont meurtre, viol et persécution, commis à la suite de la réélection contestée de M. Kibaki face à Raila Odinga, actuel Premier ministre d'un gouvernement de coalition, en décembre 2007.

Membres du Parti de l'unité nationale (PNU) du président Kibaki, MM.Kenyatta, Muthaura et Ali sont soupçonnés d'avoir conçu et mis en oeuvre un "plan commun" d'attaques généralisées et systématiques contre des sympathisants du Mouvement démocratique orange (ODM) de M. Odinga dans le but de conserver le pouvoir.

Prévue jusqu'au 5 octobre, sur douze jours, l'audience de confirmation des charges contre les trois hommes, qui font l'objet de citations à comparaître, doit permettre aux juges de déterminer si les éléments de preuve rassemblés par l'accusation sont assez solides pour permettre la tenue d'un procès.

Selon Karim Khan, un des avocats de M. Muthaura, l'accusation a utilisé comme éléments de preuve des déclarations de personnes sans être expressément autorisé par celles-ci à les utiliser comme témoignage, contrairement à la jurisprudence de la Cour.

Le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo avait présenté en décembre 2010 deux dossiers mettant en cause des représentants des deux camps qui s'étaient affrontés lors des violences post-électorales de 2007/2008.

"Nous espérons que notre intervention sera utile", a déclaré le procureur au cours d'une conférence de presse avant l'audience.

"Nous espérons pouvoir instaurer une nouvelle règle, une règle qui dit que les dirigeants ne peuvent pas commettre d'atrocités pour gagner le pouvoir ou le conserver", a-t-il dit.Le procureur devait s'exprimer devant les juges plus tard dans l'après-midi.

Une audience de confirmation des charges pesant contre trois membres de l'ODM, les anciens ministres William Ruto et Henry Kosgey, et le présentateur de radio Joshua Arap Sang, s'était tenue du 1er au 8 septembre.Egalement libres, les trois hommes avaient clamé leur innocence.

Selon l'accusation, 1.133 personnes avaient été tuées, 3.561 personnes blessées et 663.921 personnes déplacées par les violences.