CPI: un avocat kenyan se rend dans une affaire de subornation de témoins

2 novembre 2020 à 18h48 par AFP

AFRICA RADIO

Un avocat kenyan, Paul Gicheru, accusé d'avoir soudoyé des témoins lors des poursuites de la Cour pénale internationale à l'encontre du vice-président kenyan William Ruto, abandonnées en 2016, s'est rendu lundi aux autorités néerlandaises afin de faire face aux accusations de la CPI.

"Paul Gicheru s'est rendu aux autorités des Pays-Bas, conformément à un mandat d'arrêt" lancé par la CPI, a indiqué la Cour dans une déclaration. "M. Gicheru, avocat auparavant basé au Kenya, est soupçonné d'atteintes à l'administration de la justice, sous la forme de corruption de témoins de la Cour afin de les influencer", a-t-elle ajouté.La CPI, basée à La Haye, avait délivré en 2015 un mandat d'arrêt contre Paul Gicheru, recherché pour avoir organisé la corruption présumée de plusieurs témoins afin qu'ils retirent leurs témoignages dans le cadre des poursuites à l'encontre de William Ruto, ont confirmé des responsables de la Cour.En 2014, la CPI avait abandonné les poursuites intentées contre le président kényan Uhuru Kenyata, soupçonné de crimes contre l'humanité pour son rôle présumé dans les violences post-électorales de fin 2007-début 2008, qui avaient fait plus de 1.300 morts et 600.000 déplacés au Kenya après les élections de 2007. Puis, en avril 2016, elle avait prononcé un non-lieu au bénéfice du vice-président kenyan William Ruto et du présentateur de radio Joshua Arap Sang, poursuivis dans le même dossier."La campagne d'intimidation des témoins que nous avons observée dans cette affaire a été méthodique, considérable et très bien financée", avait réagi la procureure de la CPI Fatou Bensouda.Paul Gicheru avait d'abord été arrêté en 2015 à Nairobi, au Kenya, en exécution de la demande d'arrestation de la CPI, sans qu'il soit clairement établi quand il a été libéré ou quand il est arrivé aux Pays-Bas.La CPI a indiqué avoir demandé aux autorités néerlandaises de lui livrer Gicheru "après avoir rempli les procédures nationales nécessaires en matière d'arrestation".