Crise ivoirienne: le camp Gbagbo met en garde l'Afrique de l'Ouest

2 février 2011 à 19h36 par La rédaction

ABIDJAN (AFP)

Les sanctions de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) contre la Côte d'Ivoire, plongée dans une grave crise postélectorale, pourraient "casser" l'Union, le pays en étant "l'épine dorsale", a averti mercredi un proche du président sortant Laurent Gbagbo.

Si les pays membres de l'Uémoa "continuent dans la logique qu'ils développent sur instigation de la France", alors "l'Union va se casser parce que la Côte d'Ivoire représente l'épine dorsale de l'Uémoa", a déclaré Pascal Affi N'Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), parti de M. Gbagbo.

Depuis la présidentielle du 28 novembre, la France est régulièrement accusée par le camp Gbagbo d'être derrière la mobilisation en faveur de son rival Alassane Ouattara, reconnu élu par la quasi-totalité de la communauté internationale, contre le chef d'Etat sortant qui refuse de céder le pouvoir.

L'Uémoa a retiré à M. Gbagbo la gestion des comptes ivoiriens à la banque centrale ouest-africaine (BCEAO), les confiant à M. Ouattara, qui avec ses alliés extérieurs tente d'asphyxier financièrement le régime.M. Gbagbo a répliqué en réquisitionnant les agences ivoiriennes de la BCEAO.

"Tous les autres pays membres (de l'Uémoa) ont une balance déficitaire vis-à-vis de la Côte d'Ivoire.Nous sommes le poumon de l'économie de l'Union.Sans la Côte d'Ivoire, l'Union n'a plus d'importance", a estimé le président du FPI lors d'une réunion publique à Abidjan.

M. Affi N'Guessan a également critiqué la monnaie ouest-africaine, le franc CFA, "instrument d'asservissement, de domination, d'assujettissement de la France sur l'ensemble de son empire néocolonial".

"C'est la France qui maîtrise notre monnaie, qui instrumentalise les organes de cette Union, pour essayer d'abattre celui (ndlr, M. Gbagbo) qu'elle considère comme rebelle à sa politique", a-t-il affirmé.