Crise libyenne : le président sud-africain défend la position de l'Union africaine

23 août 2011 à 14h14 par La rédaction

LE CAP (Afrique du Sud) (AFP) - (AFP)

Le président sud-africain Jacob Zuma a défendu le position de l'Union africaine (UA) dans la crise libyenne mais affirmé que l'utilisation de la force par l'OTAN avait sapé ses efforts de médiation.

"Je ne pense pas que nous puissions en aucune manière avoir le sentiment que l'Union africaine a échoué à traiter la question de la Libye", a estimé M. Zuma --qui fait partie du groupe spécial de médiation de l'UA pour la Libye--, en marge d'une rencontre avec son homologue ghanéen John Atta Mills.

"Je pense que le point que nous soulevons, c'est que ceux qui ont beaucoup de capacités, même la capacité de bombarder des pays, ont vraiment sapé les initiatives de l'UA et les efforts pour régler le problème libyen", a-t-il assuré.

"Ce point, nous l'avons soulevé et nous continuerons à le soulever.Nous aurions pu éviter beaucoup de pertes de vies humaines en Libye", a-t-il dit.

L'Afrique du Sud, membre temporaire du Conseil de sécurité de l'ONU, avait voté la résolution instituant une zone d'exclusion aérienne en Libye, mais M. Zuma a rapidement déclaré que l'OTAN l'avait détournée à des intérêts autres que la protection des civils.

"En accord avec l'Union africaine, nous n'avons cessé de dire que l'avenir de la Libye doit être décidé par le peuple libyen", a insisté le président sud-africain, qui assistera jeudi et vendredi à Addis Abeba à des réunions de l'UA consacrées au suivi de la crise libyenne.

"Nous voulons voir, après ces événements, une démocratie fondée sur une Constitution qui doit être élaborée par les Libyens, bien sûr, avec le soutien de l'UA", a-t-il ajouté.

Tout comme l'Afrique du Sud, le Ghana n'a pas reçu de demande d'asile du colonel Kadhafi, a indiqué son président.

"Chacun de nous admettra que ces événements nous ont pris par surprise et l'UA a entrepris d'étudier la situation et de mettre l'accent sur le besoin de prendre en considération les aspects humanitaires", a déclaré John Atta Mills.

Tout comme son homologue sud-africain, M. Atta Mills a estimé qu'il appartenait aux Libyens de décider ce qui était dans leur intérêt.

"Par conséquent, tout en appelant à un cessez-le feu, nous voulions que le peuple libyen puisse avoir la possibilité de choisir son propre leader", a-t-il dit au passé.