Crise malgache: face-à-face crucial Rajoelina-Ravalomanana

Par La rédaction

VICTORIA (AFP) - (AFP)

Le président malgache déchu Marc Ravalomanana et celui qui l'a renversé en 2009, le président de la Transition Andry Rajoelina, se sont rencontrés mercredi, sur un îlot isolé des Seychelles, lors d'un face-à-face inédit et crucial visant à sortir Madagascar de trois ans de grave crise politique.

Aucun détail n'a filtré à l'issue de cette rencontre sur un éventuel "accord définitif" entre les deux hommes, décisif pour l'avenir politique de la Grande Ile et que les médiateurs appelaient de leur voeux.

Des sources concordantes à Victoria ont déclaré à l'AFP que M. Rajoelina, âgé de 38 ans, avait quitté l'archipel vers 11H00 GMT pour regagner Madagascar.

Amada Hunt, une porte-parole du ministère seychellois des Affaires étrangères a démenti, affirmant que le président de l'Autorité malgache de transition était toujours "aux Seychelles", sans plus de détails.

La présidence malgache, contactée par l'AFP à Antananarivo, a refusé de s'exprimer.

MM.Rajoelina et Ravalomanana s'étaient déjà rencontrés depuis la prise du pouvoir par le premier, mais avaient toujours évité tout face-à-face direct.

Plusieurs accords signés par les deux principaux protagonistes de cette crise n'ont jamais permis de trouver une issue.La signature, en septembre 2011, d'une "feuille de route" vers une sortie de crise n'a notamment débouché sur aucun progrès notable.

Une source gouvernementale seychelloise avait annoncé à l'AFP dans la matinée le début du face-à-face entre les deux hommes sur l'îlot Desroches, petite bande de terre émergée d'à peine 3 km2, isolée dans l'océan Indien à 230 km de Mahé l'île principale des Seychelles, loin de la vue des médias.

Le président sud-africain, Jacob Zuma, chef de la "troïka" de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), l'organe de défense de l'organisation régionale, et son homologue seychellois James Michel, président en exercice de la Commission de l'océan Indien (COI) assistaient à l'entretien.

Les médiateurs espéraient que ce face-à-face inédit, à huis clos, à l'abri des médias et sans les autres mouvances politiques malgaches, permettrait aux deux principaux protagonistes de la crise d'aplanir enfin leurs différends.

Problème de la candidature de Ravalomanana à la présidentielle

La crise politique, née de la prise de pouvoir de M. Rajoelina alors maire d'Antananarivo, lors d'une révolte populaire début 2009, s'est depuis doublée d'une grave crise économique et sociale.

La SADC a fait pression sur MM.Rajoelina et Ravalomanana pour qu'ils parviennent à un "accord final" d'ici au 31 juillet, sous peine de désavouer le responsable d'un éventuel échec, qui se retrouverait de fait isolé du processus de sortie de crise.

Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina devaient notamment tenter de lever les blocages entravant l'organisation des élections censées mettre un terme à la transition à Madagascar, dont le calendrier sera publié le 1er août.

Parmi les principales pierres d'achoppement: le retour au pays de M. Ravalomanana, 62 ans, exilé en Afrique du Sud depuis sa chute, ses démêlés avec la justice et la question des candidatures à la future présidentielle, annoncée pour mai ou juin 2013.

Marc Ravalomanana a toujours fait part de son intention de rentrer à Madagascar pour se présenter.Mais il a été condamné aux travaux forcés à perpétuité par contumace, après la mort de plusieurs dizaines de manifestants abattus par sa garde présidentielle en 2009, des crimes exclus d'une loi d'amnistie récemment votée.

Les autorités malgaches ont averti qu'il serait arrêté à son arrivée s'il rentrait au pays.