Crise militaire au Burkina Faso : Compaoré contrôle �??t-il encore son armée ?

1er avril 2011 à 8h36 par La rédaction

Après les récentes révoltes étudiantes, Blaise Compaoré doit maintenant faire face aux révoltes militaires récurrentes. L'ancien militaire responsable du coup d'état de 1987 contrôle �??t-il encore son armée ?Mercredi 30 mars 2011, Blaise Compaoré a décrété un couvre- feu sur l'ensemble du territoire, de 21h à 6h du matin. Ce couvre- feu n'a pourtant pas empêché les militaires de tirer toute la nuit, comme le rapporte Afrik.com.Retour sur les dernières semaines de crise entre civils et militairesLe Burkina Faso est l'objet de contestations multiples depuis plusieurs semaines. En février 2011, les étudiants s'étaient soulevés contre la police après le décès suspect de l'étudiant Justin Zongo. La police avait alors été suspectée une bavure... Le 24 février, les violents affrontements entre policiers et étudiants avaient fait 5 morts et de nombreux blessés.Dernièrement, c'est la condamnation de 5 militaires à une dizaine de mois de prisons pour une affaire de m�?urs, qui avaient amené les militaires à descendre dans la rue. Le mitraillage du palais de justice et le pillage du domicile du ministre de la défense avaient finalement conduit à la libération des militaires pourtant jugés. Cette offense à la séparation des pouvoirs et à l'équité de la justice avaient alors poussé les magistrats à se mettre en grève.Aujourd'hui, c'est l'emprisonnement d'un militaire accusé de viol sur une jeune fille de 14 ans qui attise la révolte des militaires. Simon Compaoré, maire d'Ouagadougou et numéro 3 du parti présidentiel en a subi les conséquences en premier lieu, puisqu'il a été passé à tabac par les militaires en colère.En réponse à ces mouvements de colère, le président a prévu de rencontrer aujourd'hui les représentants des magistrats, des militaires et des sous-officiers. On peut légitimement se demander, comment un chef d'Etat au pouvoir depuis 24 ans grâce à un coup d'état, va pouvoir expliquer à ses troupes qu'elles ne peuvent ni attaquer, ni piller, ni violer impunément ? Peut-être sera-t-il plus simple d'expliquer aux magistrats le caractère cosmétique de la séparation des pouvoirs. Après une gestion calamiteuse de ces différentes crises et l'appel unanime de l'opposition à la démission, la suite des évènements nous dira si Blaise Compaoré peut encore rester en fonction.Rachel Gnagniko