Crise politique en RDC: des députés pro-Kabila dénoncent des tentatives de corruption

30 novembre 2020 à 16h33 par AFP

AFRICA RADIO

Des députés fidèles à l'ancien président Joseph Kabila ont dénoncé lundi des tentatives de corruption pour "changer" leur majorité au Parlement, en pleine crise politique avec l'actuel chef de l'État Félix Tshisekedi au sein de la coalition au pouvoir en République démocratique du Congo.

Les députés du Front commun pour le Congo (FCC, majoritaires au Parlement) ont condamné "les manoeuvres de bas étage, vouées à l'échec, de certains acteurs politiques bien identifiés pour tenter de changer de majorité parlementaire, (en) usant de corruption"."Avec toutes les preuves de corruption qu'il détient, le FCC se réserve le droit d'ester en justice contre le corrupteur et le corrompu", a ajouté dans un communiqué le FCC, regroupement des forces politiques du président Kabila.Le FCC revendique plus de 300 députés sur 500 à l'Assemblée nationale, et la quasi-totalité des 109 sièges au Sénat.Des députés FCC se sont vus proposer 7.000 dollars pour changer de camp et faire basculer la majorité, a accusé à plusieurs reprises un député FCC, Didi Manara.Le FCC et la coalition Cap pour le changement (Cach) du président Tshisekedi ont signé un accord de coalition qui a permis en janvier 2019 la première transition pacifique du pouvoir dans l'histoire du Congo entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, proclamé vainqueur des élections du 30 décembre 2018.Englué dans les tensions avec ses partenaires du FCC, le président Tshisekedi a lancé le 2 novembre des "consultations politiques" en parlant "d'union sacrée". Les consultations ont pris fin mercredi dernier.Le président Tshisekedi doit désormais annoncer ses décisions dans une adresse à la Nation, avait indiqué son porte-parole sans préciser de date."Il n'y aura ni cohabitation ni coalition dans ce pays, il faut tourner la page", a assuré un responsable de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de M. Tshisekedi.Le président et son mouvement "sont en train de réussir un coup auquel personne ne pouvait s'attendre: déboulonner un système installé dans ce pays depuis 1960, un système basé sur la prédation", a ajouté ce responsable, Jean-Marc Kabund.