Darfour: 2 morts dans des heurts lors de la visite de la médiation de paix

1er décembre 2010 à 21h02 par La rédaction

ZALINGEI (AFP)

Deux personnes ont été tuées et plusieurs blessées dans des accrochages mercredi entre les forces de sécurité et des étudiants hostiles à la présence dans leur université de la médiation de paix du Darfour (ouest du Soudan), selon des responsables.

Djibril Bassolé, le médiateur en chef pour le Darfour, et le ministre d'Etat aux Affaires étrangères du Qatar, Ahmed ben Abdallah Al-Mahmoud, étaient dans une salle de l'université de Zalingei dans le Darfour-Ouest, lorsque des étudiants ont entouré la salle en scandant des slogans hostiles à leur présence et favorables à la Cour pénale internationale (CPI), selon un photographe de l'AFP sur place.

Les étudiants ont exigé que M. Bassolé leur adresse la parole, ce qu'il a fait en compagnie de M. Mahmoud, mais des accrochages entre étudiants sont survenus dans la foulée.

La délégation a quitté les lieux sous les jets de pierres.Les forces de sécurité sont intervenues, tirant en l'air afin de disperser les manifestants, selon ce photographe.Mais la situation a ensuite dégénéré.

Selon des sources locales, un étudiant est mort lors des accrochages et plusieurs autres ont été blessés."Au moins une personne a été tuée et plusieurs ont été blessées à Zalingei alors que des coups de feu ont été tirés lors d'une manifestation", a confirmé la mission de paix ONU-Union africaine (Minuad).

Le ministère soudanais de l'Intérieur a fait état tard dans un communiqué de deux étudiants morts et de neuf blessés -six étudiants et trois policiers.

La ville de Zalingei est considérée comme un fief de l'Armée de libération du Soudan (SLA) d'Abdelwahid Nour, l'un des deux grands mouvements rebelles du Darfour, en proie depuis sept ans à une guerre civile qui a fait 300.000 morts selon l'ONU - 10.000 d'après Khartoum - et 2,7 millions de déplacés.

MM.Bassolé et Mahmoud effectuent depuis dimanche une tournée du Darfour afin de prendre le pouls des personnes déplacées et des leaders locaux, au moment où la médiation peaufine un accord qui devrait être ratifié par le pouvoir à Khartoum et le Mouvement pour la libération et la justice (LJM), un agrégat de petites factions rebelles du Darfour.

Le SLA et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), plus militarisé des groupes rebelles, n'ont toutefois pas convenu d'y apposer leur signature.

Des manifestants avaient perturbé mardi un entretien de M. Bassolé avec des leaders du camp de déplacés de Kalma (80.000 personnes), en proie à des tensions internes entre partisans et opposants du processus de paix.

La chef des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, s'était rendue début novembre à Kalma, mais la rencontre prévue avec les leaders du camp avait été annulée en raison de dissensions entre chefs locaux.