Darfour: des exécutions sommaires, selon des défenseurs des droits de l'Homme

Par La rédaction

KHARTOUM (AFP)

Des miliciens appuyés par l'armée soudanaise ont exécuté 16 membres de la tribu Zaghawa dans le nord de la province du Darfour après qu'ils eurent essayé de récupérer leur bétail volé, ce qui pourrait constituer un crime de guerre, ont annoncé jeudi des défenseurs des droits de l'Homme.

Une centaine de miliciens avaient effectué un raid contre quatre villages Zaghawa près de Shangil Tobaya le 1er juin, pillant habitations et bétail, a expliqué l'African Centre for Justice and Peace Studies (ACJPS).

Un groupe d'habitants qui avait réussi à reprendre aux miliciens certains des animaux ainsi volés ont été interpellés par des militaires en uniforme de l'armée régulière et des miliciens appuyés par des avions de guerre au moment où ils regagnaient leurs villages, selon la même source.

Dix-neuf des membres de la tribu Zaghawa ont été arrêtés et emmenés dans un village voisin où 16 d'entre eux ont été exécutés par balles.Les trois autres ont été conduits au camp militaire de Shangil Tobaya.

"L'exécution sommaire du groupe sans procès est une flagrante violation de la Constitution soudanaise et des règles internationales relatives au droit à la vie et peut constituer un crime de guerre", ajoute l'ACJPS dans un communiqué.

Mercredi, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo avait déclaré devant le Conseil de sécurité que "les crimes contre l'humanité et le génocide continuent sans répit au Darfour".

L'inquiétude croît sur le Darfour où, selon l'ONU, au moins 300.000 personnes sont mortes depuis un soulèvement contre le gouvernement de Khartoum qui a commencé en 2003.

L'ONG Human Rights Watch a signalé dans un rapport cette semaine une recrudescence d'attaques gouvernementales au cours des six derniers mois.

La tribu Zaghawa est liée à l'un des trois principaux groupes rebelles.