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Darfour: expédition punitive d'une milice contre un village, des victimes

01 août 2020 à 15h52 Par AFP
Des hommes armés ont mené une expédition punitive contre un village du Darfour-Sud au Soudan, après l'arrestation de leur chef dénoncé à la police par les villageois, a affirmé samedi un chef tribal en faisant état d'un nombre indéterminé de victimes. Théâtre dans les années 2000 d'un conflit entre pouvoir et rebelles qui a fait des centaines de milliers de morts, le Darfour (ouest) est toujours en proie à des violences meurtrières menées par des milices arabes cherchant à chasser de leurs terres des agriculteurs appartenant à des tribus d'origine africaine. "Vendredi, des membres d'une milice ont attaqué le village d'Oringa, au sud de Nyala, capitale de l'Etat du Darfour-Sud. Ils ont brûlé et pillé des maisons et tiré sur des habitants, mais nous ne connaissons pas le bilan exact des victimes", a expliqué à l'AFP Yaakoub Mohammad, un chef de tribu d'origine africaine.Il s'agissait selon lui d'une expédition punitive. Trois jours plus tôt, le chef de la milice s'était rendu dans ce même village pour exiger le départ des habitants. Ces derniers avaient alors appelé la police, qui avait arrêté et emprisonné le chef de milice.Dans l'immense région du Darfour, dont près de la moitié est désertique, des années de violences opposent sur la question sensible des terres et de l'eau les tribus nomades arabes aux agriculteurs issus de tribus africaines.Les premiers pratiquent l'élevage (moutons, vaches, chameaux) et la transhumance, tandis que les seconds cultivent des céréales (mil et sésame notamment), arachides, tabac et oranges.Le 25 juillet, 500 hommes armés ont attaqué la localité de Masteri, au Darfour-Ouest, tuant au moins 61 personnes, en majorité de la tribu africaine des Masalit, selon l'ONU. Quelque 2.000 familles, soit environ 10.000 personnes, ont fui ensuite vers la ville d'El-Geneina, à une cinquantaine de km plus loin, et 200 autres ont traversé la frontière vers le Tchad.Le lendemain, le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok a annoncé le déploiement prochain de contingents de forces de sécurité au Darfour pour y protéger "les citoyens".Mais jusqu'à présent, aucune annonce officielle n'a fait état de leur déploiement effectif.