Darfour: un mort dans des heurts lors de la visite d'une médiation de paix

1er décembre 2010 à 18h49 par La rédaction

ZALINGEI (Soudan) (AFP)

Des accrochages mercredi entre les forces de sécurité et des étudiants hostiles à la présence dans leur université de la médiation de paix du Darfour (ouest du Soudan), ont fait au moins un mort et plusieurs blessés, ont indiqué à l'AFP des témoins.

Djibril Bassolé, le médiateur en chef pour le Darfour, et le ministre d'Etat aux Affaires étrangères du Qatar, Ahmed ben Abdallah Al-Mahmoud, étaient dans une salle de l'université de Zalingei, Darfour-Ouest, lorsque des étudiants ont entouré la salle en scandant des slogans hostiles à leur présence et favorables à la Cour pénale internationale (CPI), selon un photographe de l'AFP sur place.

Les étudiants ont exigé que M. Bassolé leur adresse la parole, ce qu'il a fait en compagnie de M. Mahmoud, mais des accrochages entre étudiants sont survenus dans la foulée.

La délégation a quitté les lieux sous les jets de pierre.Les forces de sécurité sont intervenues, tirant en l'air afin de disperser les manifestants, selon ce photographe.Mais la situation a par la suite dégénérée.

Selon des sources locales, un étudiant, Mohammed Abdallah, est mort lors des accrochages et plusieurs autres ont été blessés.

"Au moins une personne a été tuée et plusieurs ont été blessées à Zalingei alors que des coups de feu ont été tirés lors d'une manifestation", a confirmé la mission de paix ONU-Union africaine (Minuad).

La ville de Zalingei est considérée comme un fief de l'Armée de libération du Soudan (SLA) d'Abdelwahid Nour, l'un des deux grands mouvements rebelles du Darfour, en proie depuis sept ans à une guerre civile qui a fait 300.000 morts selon l'ONU - 10.000 d'après Khartoum - et 2,7 millions de déplacés.

MM.Bassolé et Mahmoud effectuent depuis dimanche une tournée du Darfour afin de prendre le pouls des personnes déplacées par le conflit et des leaders locaux, au moment où la médiation peaufine un accord qui devrait être ratifié par le pouvoir à Khartoum et le Mouvement pour la libération et la justice (LJM), un agrégat de petites factions rebelles du Darfour.

Le SLA et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), plus militarisé des groupes rebelles, n'ont toutefois pas convenu d'y apposer leur signature.

Des manifestants avaient perturbé mardi un entretien entre M. Bassolé et des leaders du camp de déplacés de Kalma, en proie à des tensions internes entre partisans et opposants du processus de paix de Doha.

La chef des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, s'était rendue début novembre à Kalma, mais la rencontre prévue avec les leaders de ce camp où s'entassent 80.000 personnes avait été annulée en raison de dissension entre chefs locaux.