De nouveaux cas de viols à la frontière entre l'Angola et la RDC

Par La rédaction

NEW YORK (Nations unies) (AFP)

De nouveaux cas de viols en série de femmes congolaises ont été constatés à la frontière entre l'Angola et la République démocratique du Congo (RDC) où elles sont expulsées, a souligné une émissaire de l'ONU dans un communiqué diffusé mercredi.

Margot Wallstrom, représentante spéciale sur les violences sexuelles dans les conflits, a précisé que 182 viols avaient été enregistrés dans sept villages le long de la frontière (sud de la RDC/ Angola)  pour le seul mois de janvier tandis qu'une mission de l'ONU a confirmé 1.357 cas de viols dans un village pendant une période de six à huit mois, a-t-elle dit.

"Mes recherches suggèrent fortement que des violences sexuelles sont systématiquement infligées contre des femmes et des filles congolaises dans un contexte d'expulsions de l'Angola vers la RD Congo", est-il écrit.

"Beaucoup de survivants avec qui j'ai parlé ont confirmé que ces crimes se sont produits dans des unités de détention en Angola de même que du côté congolais de la frontière", a-t-elle ajouté.

"Je lance un appel aux autorités angolaises et congolaises pour enquêter d'une manière urgente sur ces informations.J'ai l'intention d'impliquer étroitement le gouvernement de l'Angola de même que de la RDCongo sur cette question et j'attends de leur part qu'ils trouvent une solution sur cette grave violation des droits de l'homme", a-t-elle encore souligné.

"C'est très grave.Nous avons des informations sur des viols systématiques.Nous avons rencontré près de 70 femmes.Elles ont toutes dit avoir été violées", a dit à l'AFP Mme Wallstrom qui s'est rendue dans la zone le 6 février."Nous avons rencontré une femme qui a été attachée à un arbre après avoir été victime d'un viol en groupe.Il était clair qu'elle était traumatisée", a-t-elle dit.

"Il est clair, d'après ce qu'elles disent, que (ces viols) sont commis par des hommes en uniforme", a souligné Mme Wallstrom.

"Cela dure dans le silence depuis trop longtemps.Ces viols sont perpétrés par la police, des garde-côtes et les forces angolaises", a-t-elle dit."Ces viols systématiques doivent cesser", a-t-elle indiqué.

Mme Wallstrom a d'autre part salué la réponse rapide des autorités congolaises après l'arrestation de 11 militaires jugés dans l'est de la RDCongo pour les viols d'une soixantaine de femmes début janvier.

Quatre des 58 femmes victimes ont été entendues à huis clos et confrontées aux onze militaires, dont quatre officiers, jugés depuis jeudi devant la cour militaire de Bukavu (est), chef-lieu de la province du sud-Kivu, délocalisée à Baraka, à 200 km au sud.

Ces procès sont "un signal à tous les auteurs qu'ils ne pourront pas se soustraire au châtiment de la loi" et que "la justice prévaudra".

L'ONU avait fait état en novembre de plus de 700 femmes, hommes et enfants violés lors de l'expulsion par l'Angola de milliers de personnes ces derniers mois vers la République démocratique du Congo.

Des militaires congolais sont régulièrement accusés de commettre des violences contre les populations, tout comme les groupes armés qu'ils combattent dans l'est de la RDC.