Démission du gouvernement conformément à l'accord de paix en Centrafrique

Par AFP

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Le Premier ministre centrafricain, Simplice Mathieu Sarandji, a remis vendredi sa démission et celle de son gouvernement au président Faustin-Archange Touadéra, conformément à l'accord de paix signé début février entre autorités et groupes armés.

"Le Président de la République, Faustin Archange Touadéra, a reçu solennellement ce vendredi 22 février (...) la démission du Premier Ministre Chef du gouvernement Simplice Mathieu Sarandji et de celle de son gouvernement", selon un communiqué de la présidence centrafricaine.M. Touadéra doit nommer un nouveau Premier ministre dans les 24 heures.Cette démission intervient seize jours après la signature d'un accord de paix entre Bangui et les 14 groupes armés opérant sur le territoire centrafricain.Ce huitième accord depuis le début de la crise en Centrafrique en 2013 prévoit notamment la nomination d'un "gouvernement inclusif".Si différents chefs ou représentants de groupes armés étaient déjà présents au gouvernement ou à la présidence comme conseillers, le prochain gouvernement devrait laisser une part plus grande à des représentants des principaux groupes.A plusieurs reprises, les ONG de défense des droits de l'homme se sont offusquées de la présence de représentants des groupes armés au gouvernement et dans certaines instances dirigeantes centrafricaines.Vendredi, Human Rights Watch a rappelé qu'une "amnistie générale ne devrait en aucun cas être envisagée" à la suite de l'accord de paix.L'amnistie des chefs de groupes armés, longtemps réclamée par ces derniers, n'est pas mentionnée dans l'accord.Il prévoit la mise en place d'ici moins de trois mois d'une Commission vérité, justice, réparation et réconciliation (CRVJRR).En attendant, une "commission inclusive" composée des représentants des parties en conflit a été créée par décret pour préparer le travail de la Commission.Depuis le 6 février, date de signature de l'accord à Bangui, quelques incidents armés ont eu lieu dans le pays, mais aucun combat de grande ampleur n'a été observé.L'accord de paix négocié à Khartoum a été préparé depuis juillet 2017 par l'Union africaine (UA), et salué par tous les partenaires de la Centrafrique.Le pays est classé parmi les pays les plus pauvres du monde, malgré la richesse de son sous-sol en diamants, en or et en uranium. Une quinzaine de groupes armés s'y affrontent pour le contrôle de ces ressources.