Des combats dans l'ouest du Tchad entre armée et rebelles

Par AFP

AFRICA RADIO

Des combats ont opposé jeudi des militaires à des rebelles dans l'ouest du Tchad, dans lesquels l'armée a assuré avoir mis en déroute une colonne rebelle mais perdu un hélicoptère dans un crash dû à une "panne technique".

"Après avoir mis hors d'état de nuire cette bande de rebelles, une panne technique a causé le crash de l'hélicoptère MI24", a indiqué un communiqué de l'armée signé jeudi du porte-parole du Conseil militaire de transition (CMT), la junte au pouvoir depuis la mort du président Idriss Déby Itno il y a dix jours. L'armée n'a pas précisé le bilan humain de cet accident.Les rebelles du Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT) avaient de leur côté assuré plus tôt jeudi avoir "détruit" l'hélicoptère.Des combats opposent depuis mi-avril l'armée au FACT dans la région désertique du Kanem, le long de la frontière avec le Niger et à mi-chemin entre le Lac Tchad et le Tibesti (nord).Depuis le 11 avril, jour de l'élection présidentielle remportée par Idriss Déby, le FACT mène une offensive contre le pouvoir.Le groupe armé a promis de "marcher" sur N'Djamena, capitale du Tchad où est arrivée jeudi une "mission d'enquête" de la Commission de l'Union africaine (UA) sur "la situation politique et sécuritaire".Cette mission, qui doit rester sept jours, doit "examiner les stratégies visant à faciliter un retour rapide à l'ordre constitutionnel et à la gouvernance démocratique", selon un communiqué de l'UA.Basé depuis sa création dans le sud de la Libye, le FACT et ses colonnes de pick-ups sont d'abord descendus vers le sud en passant la frontière Tchad-Libye, puis sont passé par le Niger, et enfin sont revenus au Tchad dans le Kanem, selon des sources sécuritaires.Là, de violents combats les ont opposés la semaine dernière aux troupes gouvernementales. L'armée tchadienne a revendiqué avoir tué 300 combattants le 19 avril et 246 autres ont été capturés et déférés au parquet de N'Djamena, selon la justice.Aucun chiffre n'était disponible du côté de l'armée. Des renforts ont néanmoins été envoyés dans le Kanem, selon des sources sécuritaires.C'est dans cette zone, à 300 km au nord de N'Djamena, qu'Idriss Déby a été tué alors qu'il était au front.Le fils de ce dernier, Mahamat Idriss Déby, a pris la tête de la junte militaire et s'arroge presque tous les pouvoirs.Dimanche, le CMT a annoncé qu'il n'y aurait "ni médiation ni négociation" avec les rebelles du FACT et a demandé à l'allié nigérien de l'aider pour "capturer" leur chef Mahamat Mahadi Ali.