Des élus français appellent Sissi à libérer le militant Shaath

Par AFP

AFRICA RADIO

Plus de 180 élus français de tous bords politiques ont publié vendredi une lettre ouverte au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour demander la libération du militant politique égypto-palestinien Ramy Shaath, emprisonné depuis près de deux ans.

Ces élus locaux, nationaux ou européens expriment leur "profonde préoccupation face au maintien en détention de milliers de prisonniers d'opinion en Egypte", et s'inquiètent notamment du sort de Ramy Shaath, marié à une Française, Céline Lebrun."Le 5 juillet prochain marquera les deux ans de détention préventive de cet éminent défenseur des droits humains", rappellent ces élus, dont les députés Olivier Faure (socialiste), Jean-Luc Mélenchon (gauche radicale), Jacques Maire (majorité présidentielle) ou Yannick Jadot (écologiste).Ils appellent le président Sissi "à intervenir afin de faciliter sa libération immédiate et inconditionnelle et la réunification de cette famille française et égyptienne".Ramy Shaath, 48 ans, figure de la révolution de 2011 et coordinateur en Egypte du mouvement BDS (prônant le boycott d'Israël), a été arrêté le 5 juillet 2019 et est détenu depuis, accusé d'avoir voulu fomenter des "troubles contre l'Etat". Son épouse, la Française Céline Lebrun, avait été expulsée vers Paris au moment de son interpellation.La détention préventive de Ramy Shaath a été renouvelée 23 fois sans aucune preuve ni inculpation, rappellent les élus dans leur lettre ouverte. Et en avril 2020, son nom a été ajouté à la liste égyptienne des "entités et individus terroristes", une décision vivement critiquée par les ONG et les experts de l'ONU.Le régime du président Abdel Fattah al-Sissi est régulièrement accusé par les ONG de réprimer l'opposition et les défenseurs des droits, et les prisons compteraient selon elles environ 60.0000 prisonniers politiques.Le Caire nie systématiquement ces accusations et assure vouloir lutter contre le terrorisme et les risques d'instabilité.Dans un communiqué publié en début de semaine, 63 organisations de défense des droits de l'Homme, dont Human Rights Watch, ont appelé l'Egypte à cesser la répression et se sont dites "très préoccupées par les arrestations, détentions arbitraires et harcèlement judiciaire des défenseurs des droits humains".